L'ONUDC forme les éléments du futur service de police spécialisé du Burkina Faso

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En 2014, les Ministres en charge de la sécurité des Etats du G5 Sahel ont pris la décision de créer un mécanisme régional de coopération policière sous le nom de « Plateforme de Coopération en Matière de Sécurité » (PCMS), afin d'apporter une réponse coordonnée et organisée aux menaces qui pèsent sur la région. L'ONUDC a soumis au Secrétariat permanent du G5 Sahel, en janvier 2017, un plan d'appui pour l'opérationnalisation de la PCMS, incluant la mise en œuvre d'opérations conjointes d'enquête à travers les services de police spécialisés de la sous-région.

Après une première formation auprès des services spécialisés de la République du Mali, l'ONUDC a organisé une formation à Ouagadougou au Burkina Faso, du 16 au 27 avril 2018 pour des éléments issus de différents services de la Police et de la Gendarmerie. Cet atelier a réuni 15 officiers de police judiciaire ayant été désignés pour intégrer le futur service spécialisé de lutte contre le terrorisme.

Les participants à l'atelier
Les participants à l'atelier

« Cette formation va nous outiller davantage dans la lutte contre la criminalité transnationalité organisée et le terrorisme » a souligné M. Jean Bosco Kienou, Directeur Général de la Police Nationale, lors de la cérémonie d'ouverture. Il a également profité de cette occasion pour remercier l'ONUDC qui « appuie grandement les autorités burkinabés ces dernières années ». M. Thomas Kaboré, Directeur Central de la Police Judiciaire, a également rappelé aux participants qu'ils constituaient « l'embryon de l'équipe d'enquêteurs du Ministère de la Sécurité pour la lutte contre la criminalité organisée et le terrorisme au Burkina Faso ».

Au cours de la première semaine de formation, les éléments ont été formés sur l'analyse du renseignement criminel. Ils ont amélioré leur compréhension du cycle du renseignement, de son évaluation, des méthodes et techniques et de son rôle dans les enquêtes. Les officiers de police judiciaire ont pu mettre en pratique leur apprentissage au cours d'un exercice en salle : chacun d'eux a été chargé de rédiger puis présenter une note d'information sur le Groupe de Soutien à l'Islam et aux Musulmans (GSIM), groupe terroriste ayant revendiqué le double attentat du 2 mars dernier dans la capitale burkinabé. Des tests de drogue ont été également été réalisés sur des médicaments prélevés sur les marchés, montrant clairement la présence d'amphétamine sur trois types de pilules présentées comme des « défatiguants ». Ces médicaments, principalement utilisés par les chauffeurs de taxis et les travailleurs de force, sont facilement accessibles à tous de par leur prix peu élevé.

La deuxième semaine de formation a porté sur la surveillance et la filature. Après un apprentissage théorique, les participants ont réalisé des simulations de surveillance et de filature à pied, à moto et en voiture dans les rues de Ouagadougou. Ils ont ainsi pu faire directement l'expérience de leur missions à venir en tant qu'enquêteurs du service spécialisé de lutte contre le terrorisme du Burkina Faso.

Ces formations, déjà dispensées au Burkina Faso et au Mali, seront répliquées et adaptées dans les trois autres Etats du G5 Sahel (Mauritanie, Niger et Tchad) au cours des prochains mois. Elles s'inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre de l'accord sur les PCMS, et ont pour but d'aider les services de police spécialisés, afin qu'ils passent de l'étape de la collecte de l'information à l'étape de son exploitation. Ces formations visent également à favoriser la création d'équipes conjointes d'enquêtes, composées d'éléments des services spécialisés, pour servir de mécanisme de coopération policière régionale.

En tant que gardien de la Convention des Nations Unies contre la corruption et la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et ses protocoles, l'ONUDC fournit une assistance aux États du G5 Sahel afin de renforcer la chaîne judiciaire et lutter contre les trafics de drogues, le terrorisme, la corruption, la traite de personnes et le trafic de migrants dans la région. Cette assistance s'inscrit dans le cadre du Programme Sahel, Contribution de l'ONUDC à la Stratégie intégrée des Nations Unies pour la Sahel.