L'ONUDC accompagne le Mali dans la lutte contre la traite des personnes

English

En Afrique de l'Ouest, et particulièrement dans la zone sahélienne, la traite des personnes est devenue un sujet d'inquiétude grandissant ces dernières années. Pour faire face aux défis importants induits par ce phénomène, les institutions régionales et les gouvernements ont donc initiés des politiques et actions de lutte contre la traite des personnes. C'est ainsi que depuis 2010, le Mali s'est engagé dans le combat contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants en établissant notamment le Comité National de Coordination de la Lutte contre la Traite des Personnes et les Pratiques Assimilées en 2011 et en lui allouant un budget afin de mettre en œuvre une stratégie effective et efficace.

Afin de renforcer la réponse malienne dans la lutte contre la traite des personnes et les pratiques assimilées, le Comité National de Coordination a donc organisé, en collaboration avec l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et l' Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), un atelier national d'évaluation du plan triennal (2015-2017) et d'élaboration du nouveau plan d'action de lutte contre la traite des personnes (2018-2022) au Mali. Cela a été rendu possible grâce à l'appui financier des Etats du Mali, de l'Allemagne, des Pays-Bas, des Etats-Unis et de l'Union européenne.

Les participants à l'atelier de Sikasso
Les participants à l'atelier de Sikasso

Cet atelier, qui s'est déroulé du 19 au 23 mars 2018 à Sikasso au Mali, sous l'égide du Ministère de la Justice, a réuni environ 25 membres du Comité (dont 5 femmes) ainsi que 5 représentants de l'ONUDC et de l'OIM.

Durant les deux premiers jours de l'atelier, les participants, organisés en groupes de travail, se sont consacrés à l'évaluation du plan triennal (2015-2017) par l'utilisation d'outils techniques tels que le cadre d'évaluation de performance, le cadre de mesures de performance et la fiche de critères d'évaluation. La session plénière a ensuite été l'occasion d'une mise en commun des travaux de groupe et d'obtenir une évaluation consolidée de l'ancien plan d'action.

Les trois jours suivants ont, quant à eux, été dédiés à l'élaboration du nouveau plan quinquennal d'action national de lutte contre la traite des personnes (2018-2022) en fonction des axes et objectifs stratégiques définis, après une session d'initiation à la gestion axée sur le résultat.

Si le Plan d'action national précèdent peut se féliciter d'avoir engagé de nombreuses formations et campagnes de sensibilisation sur la traite des personnes auprès des acteurs impliqués et des communautés ; les participants n'ont cessé d'exprimer leur volonté de coordonner leur efforts pour renforcer l'opérationnalisation du Comité National en matière de lutte contre la traite des personnes. Il a été décidé que le prochain Plan d'action national se focaliserait sur une prévention à la fois plus large et plus ciblée, sur une meilleure protection des victimes de traite et sur une judiciarisation effective.

Comme l'a précisé Madame Sandrine Gbialy Bigorra, consultante internationale pour l'ONUDC en matière de traite des personnes et de trafic illicite de migrants, dans son discours d'ouverture, cet atelier s'inscrit dans le cadre plus large du programme GLO.ACT, action mondiale pour prévenir et combattre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants initiée conjointement par l'Union européenne et de l'ONUDC et dont le Mali est l'un des pays bénéficiaires. Elle a d'ailleurs également salué l'engagement de l'Etat malien dans l'amélioration de sa réponse nationale en matière de lutte contre la traite des personnes.

Cette activité contribue à la Stratégie régionale de lutte contre la traite des êtres humains et le trafic illicite de migrants (2015-2020) ainsi qu'au Programme régional de l'ONUDC pour l'Afrique de l'Ouest (2016-2020).