L'ONUDC aide les prisons à prévenir la radicalisation

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Les prisons continuent d'être l'un des lieux les plus vulnérables car elles concentrent un grand nombre de personnes en quête d'identité, de protection et de rebelles. Les risques associés à cette vulnérabilité, tels que la contamination criminelle parmi les prisonniers, sont reconnus depuis longtemps. Plus récemment, l'inquiétude se porte sur le fait que les prisons pourraient devenir le berceau du terrorisme en offrant un terreau fertile à l'extrémisme violent.

L'ONUDC a pour mandat d'aider les pays à construire et réformer leurs systèmes pénitentiaires et à appliquer des sanctions et des mesures non privatives de liberté, conformément aux principes des droits de l'homme ainsi qu'aux normes et standards des Nations Unies en matière de prévention du crime et de justice pénale. En 2018, pour la Journée internationale en hommage à Nelson Mandela, le 18 juillet, l'ONUDC souhaite revenir sur le soutien apporté aux pays sahéliens dans leurs efforts afin de prévenir la radicalisation en prison.

La sécurité et la sûreté en prison, en effet, sont des sujets préoccupants au Sahel dans la mesure où le nombre de personnes arrêtées et détenues pour des accusations liées au terrorisme ou prétendument impliquées dans des groupes terroristes augmente constamment.

En juin 2016, l'ONUDC a effectué un audit de sécurité dans certaines prisons du Burkina Faso, du Mali et du Niger. L'évaluation a eu lieu dans 7 prisons au total : 2 au Burkina Faso, 2 au Mali et 3 au Niger. Les prisons ont été sélectionnées car elles détenaient un grand nombre de prisonniers extrémistes violents et étaient particulièrement surpeuplées.

Lors de la présentation officielle des conclusions et recommandations de l'ONUDC suite à cet audit, qui a eu lieu au Burkina Faso en décembre 2016, l'administration pénitentiaire a souligné l'urgence de fournir une formation aux hauts fonctionnaires afin d'améliorer leurs capacités dans les domaines de la gestion des ressources humaines et financières ainsi que du leadership au sein des prisons. Depuis cet audit, l'ONUDC a organisé plusieurs formations sous-régionales en matière de gestion des établissements pénitentiaires, basées sur le Manuel pour les Dirigeants Pénitentiaires de l'ONUDC, et a formé plus de 100 membres du personnel pénitentiaire.

En outre, l'ONUDC a organisé un atelier régional dans le but d'élaborer un outil d'évaluation des risques composé de plusieurs questionnaires et consignes détaillées qui permettent aux autorités pénitentiaires de classer les détenus en fonction de leurs besoins individuels et des risques de sécurité. Cet outil d'évaluation des risques, l'une des pratiques les plus courantes de la gestion moderne des prisons, a été développé par le personnel pénitentiaire des trois pays avec le soutien des experts de l'ONUDC, ce qui permet de refléter le contexte socioculturel local et d'aboutir ainsi à une application plus efficace dans ces trois pays. L'ONUDC a également effectué une formation approfondie sur l'utilisation de l'outil pour le personnel pénitentiaire et les travailleurs sociaux des trois pays afin de garantir le succès de son application. En effet, les travailleurs sociaux jouent un rôle essentiel dans les entretiens avec les prisonniers.

« Grâce à notre aide, au moins 500 prisonniers ont été interrogés et évalués. Il s'agit d'une première étape pour améliorer la sûreté et la sécurité dans les prisons ciblées, puisque l'outil d'évaluation des risques permet de mieux classer les détenus, de séparer ceux qui sont hautement vulnérables des autres et finalement de veiller à ce que ceux qui sont dans le besoin soient protégés. Le défi prioritaire consiste à faire en sorte que l'outil devienne partie intégrante et régulière de la gestion des prisons dans les trois pays même sans notre soutien », a expliqué Mme Piera Barzano, conseillère interrégionale principale de l'ONUDC.

A l'avenir, l'ONUDC prévoit d'appliquer cet outil d'évaluation des risques dans d'autres prisons sahéliennes, de l'adapter aux contextes du Tchad et de la Mauritanie et de former le personnel pénitentiaire et les travailleurs sociaux sur son utilisation dans ces deux pays. En outre, l'ONUDC étendra son soutien aux pays situés au-delà du Sahel, à savoir en Afrique de l'Ouest, en vue de prévenir la radicalisation violente dans les prisons, en développant des techniques modernes de gestion des prisons qui améliorent la sûreté et la sécurité dans les prisons.

Les activités lancées en 2016 ont été réalisées dans le cadre du Programme Sahel et elles ont contribué à la mise en œuvre du Programme régional de l'ONUDC aussi bien que de l'Objectif de développement durable 16 « la paix, la justice et les institutions efficaces ».