L'ONUDC œuvre au renforcement de la coopération régionale dans la lutte contre le trafic illicite de migrants

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Le trafic illicite de migrants est une forme de criminalité transnationale organisée qui affecte la région du Sahel et de l'Afrique du Nord. Le Mali, le Maroc et le Niger sont trois pays particulièrement concernés par ce phénomène. Au cours de ces dernières années, le trafic s'est largement développé et complexifié, touchant des populations déjà vulnérables et, utilisant des formes extrêmes de violences, de mauvais traitements et de mise en péril de la vie humaine, en contradiction totale avec les conventions internationales existantes.

Engagées activement contre ces menaces, les institutions régionales et les gouvernements d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique du Nord ont initié des politiques et actions pour lutter contre le trafic illicite de migrants. Les Etats du Mali, du Maroc et du Niger sont en effet parties à la Convention des Nations Unies contre la criminalité organisée et à son Protocole additionnel contre le trafic illicite de migrants par terre, air et mer ; et, des avancées considérables ont été menées pour transposer et appliquer les obligations découlant de ces textes dans le droit national.

C'est en vue de renforcer cette dynamique que l'ONUDC a organisé à Niamey, du 16 au 18 avril 2018, un atelier sous-régional regroupant 32 représentants, dont 10 femmes, des autorités nationales du Mali, du Maroc et du Niger en charge de lutter contre ce phénomène.

Les participants pendant l'atelier
Les participants pendant l'atelier
La cérémonie d'ouverture a eu lieu en présence du Directeur de Cabinet du Ministre de la Justice du Niger, ainsi que des représentants des délégations malienne, marocaine, de l'Union européenne au Niger et de l'ONUDC. S'adressant aux participant(e)s, Mr. Chaibou Mamane, Directeur de Cabinet du Ministre de la Justice du Niger, a souligné l'importance d'une coordination et d'une coopération accrues entre les trois Etats afin d'apporter une réponse cohérente, efficace et pérenne pour faire face à ces éléments déstabilisateurs.

Au cours de la rencontre, chacune des délégations a présenté les avancées majeures et défis rencontrés dans la mise en place et le renforcement des structures nationales de lutte contre le trafic illicite de migrants. Cet échange d'expériences et de bonnes pratiques a été complété pendant deux jours par un exercice pratique sur la base du cas Glauco, relatif au naufrage d'un bateau transportant 366 migrants, au large des côtes de Lampedusa, en 2013. Réalisé de façon pilote pour la première fois en version francophone, cet exercice sur la base d'un cas réel a permis aux participants de travailler sur les techniques d'identification et de démantèlement d'un réseau criminel de passeurs, mais également de présenter la plateforme Sherloc, base de données sur la législation et la jurisprudence en matière de lutte contre la criminalité transnationale organisée.

En groupe, les participants ont étudié de nombreuses retranscriptions d'écoutes téléphoniques de passeurs et d'auditions de migrants rescapés afin d'identifier les éléments permettant de progresser dans l'enquête. Cette étude de cas a remporté un franc succès auprès des participants et a montré l'importance de la coopération transnationale en la matière, et celle d'une approche mêlant sécurité, justice et respect des droits des migrants. Enfin, un ensemble de recommandations a été adopté par chacune des délégations à l'issue des discussions, qui servira de base à la tenue d'une prochaine rencontre sous-régionale.

Cette rencontre s'inscrit dans le cadre du programme d'« Action mondiale pour prévenir et combattre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants » ( GLO.ACT), initié conjointement par l'Union-Européenne et l'ONUDC, en partenariat avec l'Organisation Internationale pour les Migrations et le Fond des Nations-Unies pour l'Enfance.