L'ONUDC renforce la formation du personnel diplomatique et consulaire nigérien sur la traite des personnes

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La traite des personnes est une réalité complexe au Niger. A la fois pays de départ, de transit et de destination pour les victimes de ce fléau, le Niger voit sévir des réseaux criminels, à l'échelle nationale et internationale.

La traite des personnes constitue une préoccupation mondiale sur laquelle la communauté internationale se penche depuis de nombreuses années et les autorités nigériennes ont fait de la lutte contre ce phénomène une priorité gouvernementale. La République du Niger fait donc figure d'Etat précurseur en matière de législation sur la traite des personnes en Afrique de l'Ouest.

Des efforts considérables ont notamment été consentis grâce à l'Agence nationale de lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite des migrants (ANLTP/TIM) qui a entrepris des actions spécifiques dans les domaines de la prévention, de la répression de la traite des personnes mais aussi concernant les mesures de protection et d'assistance aux victimes.

Dans ce contexte, l'ensemble des acteurs de la chaîne pénale intervenant dans la lutte contre la traite des personnes ont été formés afin d'améliorer la détection, l'enquête et la poursuite des auteurs de ces infractions et de protéger les victimes. Il fallait donc également que le personnel diplomatique et consulaire, situé en première ligne face à ce phénomène, notamment dans les pays de destinations où les nigériens sont régulièrement victimes d'actes d'exploitation, soit formé sur la traite des personnes.

Cérémonie d'ouverture de l'atelier de formation, Niamey
Cérémonie d'ouverture de l'atelier de formation, Niamey
Dès lors, l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a organisé, conjointement avec l'Agence nationale de lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants (ANLTP/TIM), un atelier de formation destiné aux diplomates et agents consulaires et visant à les sensibiliser sur leur rôle crucial dans la lutte contre la traite des personnes et à les doter de moyens opérationnels et de bonnes pratiques pouvant les aider à renforcer leur action dans ce domaine.
Les participants pendant l'atelier
Les participants pendant l'atelier

Cette activité s'est déroulée à Niamey du 24 au 26 juillet 2018 et a réuni 20 participants dont 1 femme, venant des représentations diplomatiques et consulaires nigériennes à l'étranger situées dans des pays fortement touchés par le phénomène de la traite des personnes comme l'Algérie, l'Arabie Saoudite, la Belgique, la France, l'Italie, le Koweït, la Libye ou encore le Maroc.

Financée par l'Union Européenne (UE), Monsieur Abass Malam, travaillant pour la délégation de l'UE au Niger, a pris la parole lors de la cérémonie d'ouverture de la formation afin d'exprimer la volonté de son institution de continuer à soutenir les efforts du Niger dans le cadre de la lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants. Etaient également présents à cette occasion le Directeur de cabinet du Ministre de la Justice ainsi que la Ministre déléguée au Ministère des Affaires étrangères, chargée de l'intégration africaine et des nigériens de l'extérieur, Madame Salamatou Balla Goga.

Chaque participant s'est vu délivrer les notions de base sur la traite des personnes afin d'être désormais capable d'apporter son appui à l'effort national de lutte contre cette forme d'atteinte aux droits fondamentaux par une meilleure identification et prise en charge des victimes de traite. La formation, à la fois théorique et pratique, a notamment porté sur le rôle des représentations diplomatiques et consulaires dans l'orientation, l'assistance et la protection des droits des victimes de traite et des migrants objets de trafic.

Cette activité s'inscrit dans le cadre de l'"Action mondiale pour prévenir et combattre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants" (GLOACT) qui est une initiative commune d'une durée de quatre ans (2015-2019) de l'UE et de l'ONUDC, mise en œuvre conjointement avec l'OIM et UNICEF. Cet évènement contribue également à la Stratégie régionale de lutte contre la traite des êtres humains et le trafic illicite de migrants (2015-2020) ainsi qu'au Programme régional de l'ONUDC pour l'Afrique de l'Ouest (2016-2020).