L'ONUDC livre une formation spécialisée sur les droits de l'homme en matière d'extradition et d'entraide judiciaire

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«Les problèmes qui se posent au Sahel ne s'arrêtent pas aux frontières nationales et les solutions ne peuvent être uniquement nationales non plus» note un rapport du Secrétaire général de l'ONU sur la situation dans la région du Sahel (S/2013/354, par. 26). Cette affirmation est particulièrement exemplifiée par le défi posé par les groupes terroristes et de criminalité organisée qui affectent les gouvernements et les peuples du Sahel. La réponse de la justice pénale au terrorisme dans la région du Sahel, comme dans le reste du monde, ne peut être efficace que si la coopération internationale en matière pénale, y compris la coopération policière, l'extradition et l'entraide judiciaire, sont efficaces.

Pour renforcer la coopération judiciaire en matière pénale entre les pays de la région du Sahel, l'ONUDC appuie le travail de la Plate-forme de coopération judiciaire pénale pour les pays du Sahel (Plateforme de coopération judiciaire du Sahel) dans le cadre de son Programme d'assistance contre le terrorisme et de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour la région du Sahel. Les membres de la plateforme sont le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Sénégal, alors que le Tchad est un observateur.

La coopération internationale en matière pénale, en particulier d'extradition, soulève également des questions complexes de droits de l'homme, y compris l'application du principe de non-refoulement, et la détention en attente d'extradition. Si ces questions ne sont pas abordées avec expertise, cela peut engendrer des retards, une coopération internationale réticente et la création de havres sûrs pour les suspects de terrorisme. Si, d'autre part, des raccourcis sont employés et les droits humains sont violés, la confiance dans la légitimité de la lutte antiterroriste risque sérieusement d'être sapée.

Pour renforcer la capacité des États de la région sahélienne à coopérer efficacement contre le terrorisme tout en respectant les droits de l'homme, l'ONUDC et la Plate-forme de coopération judiciaire du Sahel ont organisé une formation spécialisée sur les aspects des droits de l'homme en matière de coopération internationale en affaires pénales.

Cet atelier, financé par le Danemark et la France, a eu lieu du 17 au 19 février 2015 à Dakar, et a réuni 25 représentants (des ministères de la Justice et des Affaires étrangères et des organismes répressifs) du Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie, Niger et Sénégal. En coordination avec des praticiens experts français, la Plate-forme Ouest Africaine « Police et Droits Humains » (POLI.DH), l'ONUDC, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, ces représentants ont discuté de problèmes juridiques et pratiques, en analysant aussi bien des cas réels que des scénarios hypothétiques.

Cet important sujet important est également traité dans un chapitre du module de formation de l'ONUDC publié récemment sur ​​les droits de l'homme et les réponses de la justice pénale au terrorisme disponible en arabe, anglais et français.