L'ONUDC et le DOMP collaborent pour renforcer l'application de la loi au Mali

English

Le Mali a été confronté à une situation humanitaire et sécuritaire délicate au long de ces dernières années. Suite à la crise politique qui a frappé le nord du territoire en 2012, les autorités maliennes et la communauté internationale ont effectué un certain nombre d'efforts de coopération visant à rétablir la paix et la sécurité dans le pays.

Cette situation a conduit à la création de la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies au Mali (MINUSMA) en 2013, une opération de maintien de la paix orchestrée en étroite collaboration avec un certain nombre d'agences des Nations Unies - y compris l'ONUDC - pour lutter contre l'insécurité tout en promouvant les droits humains, le dialogue politique, et la réconciliation nationale. Malgré les efforts considérables qu'il reste à fournir avant de parvenir à une paix durable au Mali, la communauté internationale a réalisé des progrès substantiels.

Comme l'a souligné le Directeur exécutif de l'ONUDC Yury Fedotov, « le développement a besoin de la sécurité pour réussir ». En d'autres termes, restaurer l'autorité de l'Etat au Mali implique avant tout le renforcement des capacités des forces de sécurité militaires et civiles.

Pour atteindre cet objectif, « l'ONUDC et le DOMP [Département des opérations de maintien de la paix] ont forgé une étroite collaboration qui unit les mandats et l'expérience de chacun des organismes, tout en considérant que le maintien de la paix et la lutte contre la drogue et la criminalité organisée sont des questions interconnectées qui appellent à des réponses communes », a déclaré M. Fedotov lors d'une mission conjointe en 2014 au Mali avec la tête du DOMP, Hervé Ladsous.

À la suite de cette collaboration, une série d'événements organisés conjointement par l'ONUDC, la MINUSMA et UNPOL (la police des Nations Unies) a délivré des formations aux forces de police maliennes, à la gendarmerie et à la Garde Nationale sur des questions liées au terrorisme, à la criminalité organisée et à la violence à l'égard des femmes.

La criminalité organisée et le terrorisme

Le Sous-Secrétaire général à l'État de droit et aux institutions chargées de la sécurité du DOMP, Dmitry Titov, a souligné que « la criminalité transnationale organisée et ses énormes effets déstabilisateurs menacent la paix et la sécurité, et ce, tout en créant des économies parallèles qui appuient un réseau néfaste de fauteurs de troubles qui partagent souvent des liens avec des terroristes. Le DOMP et l'ONUDC ont uni leurs forces, car aucun acteur ne peut répondre seul à cette question ».

À titre d'example de cette collaboration, une formation spécialisée sur les techniques de détection pour contrer le trafic illicite de drogue et la criminalité transnationale s'est tenue entre le 16 et le 27 mars 2015 pour 50 agents de sécurité venant de diverses régions du Mali. L'événement a été organisé à l'Académie Nationale de Police de Bamako.

Appuyé par l'ONUDC, UNPOL et le DOMP, cet exercice a répondu aux besoins fondamentaux de ses participants en les informant des conséquences du trafic de drogue dans la région du Sahel (notamment au Mali) et des liens de cette activité illicite avec d'autres actes criminels tels que le terrorisme et son financement.

Plusieurs participants ont indiqué que « la formation a été pertinente, car elle répond aux attentes du pays pour réprimer la menace du terrorisme ». Les agents formés ont également acquis de précieuses informations sur les techniques de dissimulation des trafiquants de drogue, l'utilisation d'explosifs, le cadre juridique et les outils techniques disponibles pour prévenir, punir et réprimer ces activités de déstabilisation.

Illustrant le partenariat continu entre l'ONUDC et le DOMP, l'ONUDC a effectué une formation sur l'interception de véhicule entre le 11 et le 18 avril 2015. Cette formation, élaborée pour la brigade des stupéfiants de Bamako par M. Titov, a renseigné les membres de la brigade sur le protocole approprié pour arrêter les trafiquants de drogue au cours de poursuites policières tout en minimisant les risques de sécurité.

Les participants à la formation sur l'interception de véhicule
Les participants à la formation sur l'interception de véhicule

L'exercice a été divisé en deux parties: une partie théorique pour familiariser les participants aux aspects de la criminalité transnationale organisée couverts par les conventions internationales, et une formation pratique sur les enquêtes de terrain et les techniques d'interception de véhicule. Cet exercice, dirigé par un expert de l'ONUDC et assisté par des composants de UNPOL et de la MINUSMA est d'une importance particulière, compte tenu de l'incidence récente d'actes terroristes perpétrés par l'utilisation de voitures piégées.

La violence à l'égard des femmes

Bien que la consolidation des capacité des forces de sécurité pour punir et réprimer ces crimes soit d'une importance cruciale pour rétablir la sécurité sur le terrain, la reconstruction du dialogue politique et de l'autorité étatique exige une justice responsable et accessible, le respect des droits de l'homme et l'égalité des sexes.

Dans ce cadre, l'ONUDC, la MINUSMA et UNPOL ont organisé une formation spécialisée conjointe sur le genre et la violence à l'égard des femmes, du 16 au 23 Mars 2015.

Les participants lors de la remise des diplômes
Les participants lors de la remise des diplômes

Atteignant plus de 50 membres des forces de l'ordre de plusieurs régions du Mali, l'activité a sensibilisé de nombreux agents, nouvellement recrutés ou de longue durée, sur des questions telles que l'égalité des sexes (à la fois au sein et en dehors du lieu de travail), la violence à l'égard des femmes (y compris le viol et la prostitution pendant les conflits) et l'implication d'enfants soldats.

Comme l'a noté Mme A. Sibidé, une gardienne de la Gendarmerie malienne, la formation était particulièrement pertinente du fait que « l'exploitation des enfants et la violence à l'égard des femmes sont des pratiques répandues dans le conflit actuel ». Un certain nombre de participants se sont aussi engagés à augmenter le nombre de recrues féminines dans les forces de sécurité, un engagement qui signale un réel changement dans les attitudes de genre dans le pays.

La coopération de l'ONU: au-delà de la sécurité

Comme l'a noté le Représentant régional de l'ONUDC pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre, Pierre Lapaque, ces efforts conjoints « permettent à chaque organisation de bénéficier de leur expertise respective pour mettre en œuvre leurs programmes d'assistance au Mali d'une manière plus coordonnée et efficace. Cette coopération est essentielle pour maximiser l'appui de la communauté internationale afin d'atteindre les bénéficiaires visés et la population du Mali de la meilleure façon possible ».

Le partenariat qui unit et rationalise les efforts des diverses agences des Nations Unies sur le terrain a considérablement augmenté, en particulier depuis la signature d'un Mémorandum d'accord entre l'ONUDC et la MINUSMA en février de cette année. L'ONUDC et le personnel du DOMP au Mali collaborent dans tous les aspects de ces activités, de la réalisation d'évaluations ainsi que l'identification de partenaires à la mise en œuvre des ateliers et des programmes de formation.

En tant que gardien de la Convention des Nations Unies contre la corruption et la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et ses protocoles, l'ONUDC fournit une assistance technique au personnel responsable du maintien de la paix sur la mise en œuvre de ces conventions, avec le soutien des gouvernements autrichiens et japonais. Ces efforts conjoints font partie de la contribution de l'ONUDC à laStratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel (2013-2017).