L'ONUDC forme des autorités du G5 Sahel sur l'idéologie terroriste

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Les multiples défis en matière de sécurité et de développement auxquels sont confrontés les Etats de la région placent le Sahel au cœur des préoccupations internationales. Les Etats sahéliens font notamment face au fléau de la menace djihadiste, auquel ils sont particulièrement exposés, y compris en raison de la conjugaison de l'action de plusieurs groupes terroristes et de réseaux de criminalité organisée.

L'ONUDC soutient les efforts des gouvernements des Etats du Sahel pour mettre en œuvre une réponse intégrée et durable face à ces difficultés, par la définition d'une action coordonnée dans le cadre du G5 Sahel. En collaboration avec l'Union européenne et INTERPOL, l'ONUDC soutient la Plateforme de Coopération en Matière de Sécurité (PCMS) du G5 Sahel.

Dans ce sens, l'ONUDC a organisé trois formations nationales sur la compréhension et l'analyse de la doctrine djihadiste au profit des services de sécurité et de justice chargés de la lutte contre le terrorisme au Mali (18 -21 avril 2017), au Niger (30 mai- 2 juin 2017) et au Burkina Faso (18-21 septembre 2017). Cette formation sera également organisée en Mauritanie et au Tchad au cours de l'année 2017.

Elle permet de doter les acteurs en charge de la lutte contre le terrorisme au Sahel des mêmes outils de compréhension et d'analyse de l'idéologie sous-jacente à l'action terroriste et par conséquent de mener des actions de prévention et répression plus efficaces.

Photo de groupe des participants présents à l'atelier de Bamako
Photo de groupe des participants présents à l'atelier de Bamako

Plus précisément, les objectifs de cette formation, intitulée « Doctrine djihadiste : références de la violence djihadiste et processus de radicalisation », sont les suivants :

  • La sensibilisation à l'importance de la connaissance de la doctrine dans les stratégies de lutte contre le terrorisme. L'expérience a en effet montré que les pays qui ont réussi à combattre le terrorisme sont ceux qui sont arrivés à en maîtriser le mieux l'idéologie, et à surveiller étroitement les signes perceptibles de radicalisation ;
  • L'explication de l'histoire de la doctrine djihadiste, en focalisant sur les bases de sa construction intellectuelle, notamment les deux subterfuges de la décontextualisation des textes coraniques et du détournement du sens de leurs mots ;
  • L'initiation à la connaissance de certains signes perceptibles de radicalisation dans le comportement humain, et à la compréhension de leur sens, pouvant attester de l'imprégnation de cette doctrine, et du probable penchant vers l'extrémisme violent ;
  • La sensibilisation sur l'utilité juridique de la connaissance de cette doctrine, qui peut être utilisée dans les actions proactives à travers les notions d'association de malfaiteurs et d'entente criminelle.

La première formation, organisée au Mali, a réuni 23 cadres spécialisés des services de sécurité issus de la Brigade des Investigations Spécialisées (BIS), des renseignements généraux, de l'administration pénitentiaire ainsi que l'ensemble du personnel de la PCMS national au Mali. Les séances d'ouverture et de clôture de cette formation ont été honorées par la présence du point focal du G5 Sahel au Mali, M. Chérif Hamidou Ba, du directeur du programme national intégré de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, M. Souleymane Coulibaly, et du procureur de la République auprès du pôle judiciaire spécialisée en la matière, M. Mahamadou Samaké.

     Photo des participants présents à l'atelier de Ouagadougou
Photo des participants présents à l'atelier de Ouagadougou

La deuxième formation, organisée à Niamey, a permis de former une vingtaine de cadres des services de sécurité et de justice nigériens œuvrant pour la lutte contre le terrorisme. Ces derniers étaient issus des services de police, de gendarmerie, de la Garde Nationale, des Renseignements Généraux (RG), de l'Office Central pour la Répression du Trafic Illicite de Stupéfiants (OCRTIS), du Pôle judiciaire spécialisé en matière de terrorisme et de lutte contre la criminalité transnationale organisée ainsi que de la PCMS national au Niger.  

Photo des participants à l'atelier de Niamey
Photo des participants à l'atelier de Niamey

Les séances d'ouverture et de clôture se sont déroulées en présence de Monsieur Mamane Saidou, point focal du G5 Sahel au Niger et du Commissaire Divisionnaire Kaka Abdoulaye, chef du Service Central de Lutte contre le Terrorisme (SCLCT) et coordonnateur de la PCMS du Niger.

Enfin, la troisième formation, qui s'est déroulée à Ouagadougou, a réuni vingt-cinq personnes issues des services nationaux de sécurité et de justice du Burkina Faso œuvrant pour la lutte contre le terrorisme, dont des représentants de l'Agence Nationale de Renseignement (ANR), de la Direction Générale de la Police Nationale (DGPN), de la Gendarmerie, du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Ouagadougou ainsi que le personnel de la plateforme nationale de la PCMS dans le pays.

Les séances d'ouverture et de clôture se sont déroulées en présence de Monsieur Gilbert Zongo, point focal du G5 Sahel au Burkina Faso (par intérim) et du Contrôleur Général de Police Michel Ki, coordonnateur de la PCMS du Burkina Faso. 

L'ONUDC collabore étroitement avec le G5 Sahel depuis sa création en 2014. Il a ainsi participé à la rédaction de l'accord portant sur l'organisation et le fonctionnement de sa PCMS et à l'équipement de ses locaux dans les cinq Etats membres. Au mois de novembre 2015, les ministres de la sécurité des Etats membres du G5 Sahel ont signé un accord portant sur la création d'un mécanisme de coopération policière, sous le nom de 'Plateforme de Coopération en matière de Sécurité du G5 Sahel' - PCMS.

Au mois de janvier 2017, et à la demande des mêmes ministres, l'ONUDC a soumis à cette organisation un programme d'appui à cette Plateforme. Ce programme s'articule autour de plusieurs piliers dont celui du renforcement des capacités des services locaux de sécurité afin de leur permettre faire face aux menaces transversales qui pèsent sur la région, en particulier le terrorisme.

Le programme d'appui présenté par l'ONUDC en janvier 2017, vise à améliorer les capacités opérationnelles et les niveaux d'échange d'informations entre les membres du G5 Sahel, pour lutter contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée. Cet appui est dispensé dans le cadre du Programme Sahel, contribution de l'ONUDC à la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel.