Niger : L'ONUDC renforce les capacités des enquêteurs de terrain

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Le Niger subit des attaques terroristes récurrentes sur son territoire, notamment au Sud-Est et à l'Ouest. Les plus récentes sont l'embuscade meurtrière à Tongo Tongo, au Sud-Ouest du Niger, où des soldats nigériens et américains ont été tuées, le 5 octobre 2017 et l'attaque contre un camp de gendarmerie à Ayorou, dans la région de Tillabéri, à 180 km au Nord de Niamey, durant laquelle au moins 13 gendarmes ont été tués quelques semaines après.

Dans le cadre du Programme Sahel de l'ONUDC et à la demande des autorités nigériennes, l'ONUDC a organisé une série de trois formations pratiques sur l'enquête et la poursuite des affaires de terrorisme, respectivement du 9 au 12 mai 2017, du 13 au 16 juin 2017 et du 3 au 6 octobre 2017, à Niamey, au Niger. Un total de 83 (dont 7 femmes) officiers de police judiciaire, enquêteurs du Service central de lutte contre le terrorisme, agents de la Direction de la Police Technique et Scientifique et magistrats (juges du siège, procureurs et juges d'instruction) ont bénéficié de ces formations rendues possibles grâce aux financements de l'Allemagne, du Japon et des Etats-Unis.

L'objectif de ces formations visaient à renforcer les capacités des acteurs de terrain car ils sont les premiers confrontés aux attentats. Les participants venaient de 19 régions du pays qui sont des cibles potentielles pour les terroristes : Abala, Agadez, Arlit, Bermo, Bilma, Dakoro, Guidan Roumdj, Goure, Konni, Maine Soroa, Malbaza, Maradi, Nguimi, Tahoua, Tillabéri, Tillia et Zinder. Des acteurs de la chaîne pénale, en particulier du Pôle Judiciaire spécialisé et le Service central de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, basés à Niamey, ont également participé à ces formations.

L'approche pratique adoptée durant les formations a permis aux participants d'améliorer leurs techniques en matière de gestion de scène de crime post-attentats, d'exploitation de la facturation détaillée à partir d'un numéro de téléphone, de fouilles de véhicule, de perquisitions domiciliaires et de stratégies et techniques d'auditions des suspects terroristes. Elle a aussi permis aux enquêteurs d'évaluer les erreurs dans les procès-verbaux qui ont des impacts considérables dans la poursuite et le jugement des dossiers de terrorisme, et d'évaluer les risques encourus face aux engins explosifs improvisés.

Les formations ont renforcé les techniques d'investigation des participants pouvant ainsi contribuer à une meilleure gestion des dossiers de terrorisme, comme le témoigne un enquêteur du Service central de lutte contre le terrorisme : «C'était vraiment une réussite hors pair cette formation, c'est la première fois que je me suis senti outillé».

Dans le cadre de la contribution de l'UNODC à la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel, adoptée en 2013, l'ONUDC fournit une assistance technique spécifique à la région du Sahel. Elle renforce les Etats de la région dans la lutte contre le terrorisme à travers des réponses pénales efficaces et appropriées en conformité avec l'Etat de droit et des droits humains.