Des enquêteurs du Burkina Faso mieux outillés par l'ONUDC face au terrorisme

English

Le Burkina Faso subit depuis 2015 des attaques récurrentes contre ses militaires et forces de l'ordre mais aussi contre des civils notamment dans la capitale, Ouagadougou. Plusieurs groupes terroristes comme Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) opèrent dans le pays surtout dans le Nord-Est aux frontières avec le Mali et le Niger. De plus, cette région est également affaiblie par une insurrection locale menée par Ansarul Islam depuis 2016.

Pour aider les représentants de la justice pénale et les forces de l'ordre à lutter contre le terrorisme, l'ONUDC a organisé un atelier de formation sur les techniques d'enquête sur les dossiers liés au terrorisme à Ouagadougou du 21 au 24 novembre 2017. Le Ministre de la Justice burkinabè, s'est « réjouis du partenariat avec l'ONUDC qui accompagne depuis plusieurs années les efforts de lutte contre le terrorisme, la criminalité et le trafic de drogue ».

Cet atelier financé par le Danemark et les États-Unis a réuni 27 acteurs des forces de l'ordre basés dans le nord et dans la capitale, mais aussi des acteurs de la justice pénale dont des magistrats et procureurs du nord et du pole judiciaire spécialisé de lutte contre le terrorisme basé à Ouagadougou. Son Excellence Monsieur Andrew Young, Ambassadeur des Etats Unis d'Amérique a encouragé cette initiative de formation, qui selon lui, est « une étape primordiale dans la lutte contre le terrorisme en permettant que les coupables soient punis ».

Le but de la formation était d'améliorer la capacité des différents acteurs sur le terrain à mener efficacement des enquêtes dans des affaires de terrorisme afin de soumettre des dossiers de poursuites pénales conformes aux exigences légales et au respect des droits humains. Un des juges d'instruction a promis de « plaider auprès des ministères pour que les agents de police judiciaire situés dans les zones touchées soient dûment formés et [de] discuter de ce besoin avec les partenaires du Burkina Faso ».

La formation a privilégié une approche pratique et concrète, adaptée au contexte local de la région du Sahel, avec des présentations suivies d'exercices de terrain. Cela a permis aux participants d'améliorer leurs compétences dans la gestion des scènes de crime, l'analyse des factures téléphoniques, les vérifications des véhicules, les perquisitions à domicile, les entretiens et les interrogatoires des suspects. Elle a aussi permis aux enquêteurs d'évaluer l'impact considérable des erreurs, notamment dans la rédaction des procès-verbaux, dans la poursuite et le jugement des dossiers de terrorisme. Le dialogue entre les acteurs, principalement entre magistrats et officiers de police judiciaire, a également permis d'identifier les obstacles à la communication et collaboration qui peuvent affaiblir les dossiers. Ainsi un procureur a reconnu que : « le cadre de concertation fait défaut entre les acteurs, il est important de partager contacts et informations dès maintenant ».

Cette activité est la première d'une série d'interventions décrites dans le Plan d'Action sur le renforcement des capacités à enquêter, poursuivre et juger les actes de terrorisme. Ce Plan a été officiellement adopté par le Ministre de la justice, des droits humains et de la promotion civique, en septembre 2017, suite aux consultations menées par l'ONUDC avec les autorités compétentes entre mai et septembre 2017, grâce à la contribution des États-Unis.

La lutte contre le terrorisme est devenue une préoccupation majeure pour le Burkina Faso. Dans le cadre du renforcement des capacités des pays du Sahel pour lutter contre le terrorisme à travers des systèmes de justice pénale accessibles, efficaces et responsables, et à la demande des autorités burkinabè, l'ONUDC a apporté un soutien considérable au pays ces dernières années.

Dans le cadre de la contribution de l'ONUDC à la Stratégie Intégrée des Nations Unies pour le Sahel (UNISS) adoptée en 2013, l'ONUDC fournit une assistance technique spécifique à la région du Sahel. Elle renforce les Etats de la région à lutter contre le terrorisme à travers de réponses pénales efficaces et appropriées en conformité avec l'Etat de droit et des droits humains.