Terrorisme, traite, migrations irrégulières et corruption: les Etats sahéliens agissent

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Le lien entre terrorisme et activités criminelles constitue un enjeu crucial pour la sécurité des populations et des Etats, comme le rappellent les résolutions 2195 (2014) et 2349 (2017) du Conseil de Sécurité. Dans la région du Sahel, ces liens semblent être amplifiés par une corruption endémique. De plus, le trafic illicite de migrants et la traite des personnes fournissent aux groupes armés de la région davantage d'opportunités d'enrichissement.

Afin de mettre en œuvre un programme de formation sur cette problématique, l'ONUDC a organisé un atelier régional à Bamako du 2 au 4 aout 2017, avec les responsables des écoles de magistrature, de police et de gendarmerie du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

La corruption peut contribuer à réduire l'efficacité des contrôles aux frontières, permettant le déplacement des groupes terroristes. De même, la corruption peut faciliter la traite des personnes et le trafic illicite de migrants, pouvant alors bénéficier aux groupes terroristes qui contrôlent les zones par lesquelles transitent les trafiquants. Il est donc indispensable de renforcer les programmes de formation des acteurs impliqués sur le terrain, qui sont à même d'identifier ces phénomènes et d'y répondre.

L'atelier a réuni 18 responsables des écoles de magistrature, de police et de gendarmerie des trois pays, parmi lesquels se trouvaient les directeurs et les concepteurs des programmes de formation. Les responsables des agences spécialisées de chaque pays ont également participé à cette session de travail, ce qui a permis de définir des programmes de formation en adéquation avec les réalités du terrain. Ainsi, le but était de développer des programmes de formation ainsi qu'un matériel pédagogique adaptés à l'évolution des défis auxquels sont confrontés les autorités, et d'aboutir à la formation de formateurs sur ces thématiques.

Les participants à l'atelier de Bamako
Les participants à l'atelier de Bamako

Dans le cadre de son  Programme Sahel, l'ONUDC apporte depuis 2015 son appui aux instituts de formation de police et de gendarmerie du Burkina Faso, du Mali et du Niger contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants. L'approche intégrée de l'ONUDC contre le terrorisme et la criminalité organisée a conduit à élargir ce soutien à la lutte contre le terrorisme et la corruption, tout en intégrant l'ensemble des acteurs engagés sur le terrain.

Dans le contexte de la mise en œuvre de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel, l'ONUDC s'attache à renforcer les capacités de formation des instituts de la région pour une meilleure prise en compte des questions de terrorisme, de trafic illicite de migrants, de traite des personnes, et de corruption.