L'ONUDC tient sa 3ème réunion du Comité directeur du Programme Sahel

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La situation sécuritaire au Sahel n'a cessé d'évoluer au cours des dernières années. Afin de répondre au mieux aux évolutions et aux menaces auxquelles font face les pays du Sahel, l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) organise, chaque année, une réunion regroupant les pays bénéficiaires et observateurs de son Programme Sahel, afin de repenser et de réorienter la stratégie de ce dernier. L'objectif de ces rencontres, appelées « réunions du Comité directeur du Programme Sahel » est d'assurer que le Programme Sahel réponde au mieux aux attentes, besoins et priorités des pays du Sahel, dans leur lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée.

Comme l'a souligné M. Pierre Lapaque, Représentant régional de l'ONUDC pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre, lors de l'ouverture de la réunion, « les récentes attaques au Burkina Faso, et les attaques fréquentes contre les Forces Armées Maliennes (FAMA) et la MINUSMA nous rappellent une fois de plus l'importance de notre détermination commune dans la lutte contre l'extrémisme violent et le terrorisme dans la région ».

Photo de groupe des Participants de la troisième réunion du Comité Directeur du Programme Sahel le 6 au 8 Mars 2018
Photo de groupe des Participants de la troisième réunion du Comité Directeur du Programme Sahel le 6 au 8 Mars 2018
Des représentants du Burkina Faso, de la Libye, du Mali, du Maroc, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad, accompagnés par des représentants du Secrétariat du G5 Sahel, ont donc participé à la troisième réunion du Comité Directeur du Programme Sahel de l'ONUDC, du 6 au 8 mars 2018 à Dakar. Ils ont pu échanger avec les experts du siège de l'ONUDC à Vienne, du Bureau régional pour l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient et du Bureau régional pour l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique Centrale pour identifier les meilleures manières de poursuivre leur partenariat dans le cadre du Programme Sahel. Au total, 59 participants, dont 24 femmes, étaient présents pendant les trois jours de réunion.
  M. Pierre Lapaque lors de la session d'ouverture
M. Pierre Lapaque lors de la session d'ouverture
Participants à la réunion
Participants à la réunion

Cette réunion a également été l'occasion de présenter les résultats positifs atteints dans le cadre de la coopération entre l'ONUDC et les autorités Sahéliennes. Parmi eux, nous retrouvons :

- Le Projet AIRCOP, présent dans trois des pays du Sahel, le Mali, le Niger et le Burkina Faso, a connu des résultats positifs et encourageants. On peut noter, entre autres, que la Cellule aéroportuaire anti-trafic (CAAT) de l'aéroport international de Ouagadougou a arrêté au cours de sa première année de fonctionnement 2 passagers radicalisés et a saisi 7kg d'héroïne et 1kg de cocaïne.

- Au Tchad, un projet de législation sur le terrorisme a été soumis au gouvernement pour appréciation et adoption, faisant suite à deux ateliers nationaux de rédaction législative en matière de lutte contre le terrorisme. Ces ateliers ont permis aux participants « d'approfondir leurs connaissances relatives aux cadres juridiques international et national en matière de lutte contre le terrorisme » a souligné le conseiller auprès de la Cour d'appel M. Alghasim Khamis.

- Au Mali, pour la première fois, un dossier judiciaire en rapport avec le blanchiment de capitaux a été instruit, et a abouti à la condamnation de 2 individus en août 2017.

- Le Burkina Faso a mis en place des unités spéciales d'intervention pour la police et la gendarmerie. Lors des attentats du 2 mars 2018, ce sont ces unités spéciales qui sont intervenues dans la capitale, Ouagadougou.

- Au Tchad, un important travail a été initié pour la réforme et la modernisation des établissements pénitenciers. Les infirmeries de 10 établissements pénitentiaires ont été réhabilités et équipés

Ces résultats positifs sont avant tout le fruit du travail des Etats comme l'a souligné le Représentant régional de l'ONUDC, Pierre Lapaque, en affirmant aux participants que « C'est grâce aux contributions de vos pays, aux efforts de leurs institutions nationales et régionales, ainsi qu'à la détermination des gouvernements des pays membres du G5 Sahel que nous avons pu contribuer, au cours des dernières années, au renforcement de la paix et de la sécurité dans la sous-région.»

Participants à la réunion
Participants à la réunion
  Participants durant les discussions
Participants durant les discussions

Ces contributions ont notamment pris la forme de recommandations et propositions d'amendements, discutées et approuvées au cours du troisième jour de réunion. Une attention particulière a été accordée à l'opérationnalisation de la Plateforme de Coopération en Matière de Sécurité (PCMS), notamment à travers la création d'un réseau de cellules de renseignement financier et d'un pôle d'excellence de police technique et scientifique (PTS). Au côté du G5 Sahel, l'ONUDC s'est engagé à élaborer un guide pour les PCMS nationales concernant leur opérationnalisation.

La nécessité d'une coopération entre les pays du Maghreb et du Sahel a également été mise en avant. Il y a un réel « manque d'information et d'échanges entre les pays, alors qu'ils ont les mêmes problèmes » a déploré le Directeur de la police judiciaire du Niger, M. Boubacar Rabiou Daddy. Les Etats ont fait part de leur volonté à travailler en coopération, notamment dans le domaine du partage d'expérience et de la formation, tout en mettant l'accent sur les échanges sur les flux d'armes à feu.

Le Programme Sahel a créé son Comité directeur lors de la Réunion stratégique de janvier 2015, ses deux premières réunions se sont tenues en avril 2016 et 2017. Ces événements servent de forums de consultation pour évaluer et orienter la mise en œuvre de la contribution de l'ONUDC à la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel, l'un des 9 projets phares de la Stratégie conçus par le Conseil de Sécurité des Nations Unies en 2012 pour répondre aux crises survenues en Libye en 2011, au Mali en 2012, et dans la région depuis.