L'ONUDC forme les magistrats-instructeurs du Burkina Faso, du Mali et du Niger


Les magistrats jouent un rôle de premier plan dans la lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants. L'expérience de ces dernières années, particulièrement dans la région du Sahel, a montré que le soutien aux curricula des Ecoles nationales de formation judiciaire constitue l'une des solutions les plus durables afin de contrecarrer les modes opératoires des réseaux de criminels régionaux.

Du 12 au 14 mars 2018, l'ONUDC a organisé un atelier sous-régional à Dakar grâce à la contribution du Royaume des Pays-Bas. Lors de cet événement, 10 représentants de la Section Magistrature de l'Ecole Nationale d'Administration du Burkina Faso, 10 formateurs de l'Institut National de Formation Judiciaire du Mali et 10 représentants de l'Ecole de Formation Judiciaire du Niger ont été formés sur le traitement judiciaire des infractions constitutives de traite des personnes et de trafic illicite de migrants.

La remise du diplome de participation par S.E. l'Ambassadeur des Pays Bas au Senegal
La remise du diplome de participation par S.E. l'Ambassadeur des Pays Bas au Senegal

Sous la forme d'un partage de connaissances, d'expériences et de leçons apprises, la facilitation s'est appuyée sur une démarche participative, inclusive et graduelle. L'objectif de cet atelier était de promouvoir la coopération sous-régionale en matière de lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants. La rencontre visait aussi à former les magistrats-instructeurs afin qu'ils puissent eux-mêmes ensuite restituer les connaissances acquises en délivrant des cours aux stagiaires-auditeurs de justice, dans le cadre de la formation initiale et/ou à leurs collègues en activité, dans le cadre de la formation continue. A l'issue de ces trois jours, les formateurs nationaux du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont renforcé leurs connaissances relatives à la protection judiciaire des victimes de traite et des migrants objets de trafic, aux phases de poursuite et de jugement et à la coopération judiciaire internationale en la matière.

Depuis août 2017, les responsables des Ecoles de formation judiciaire du Burkina Faso, du Mali et du Niger travaillent étroitement avec l'ONUDC afin d'élaborer et de valider techniquement un syllabus de formation sur la traite des personnes et le trafic illicite de migrants. Cette phase initiale sera suivie par l'élaboration de manuels et modules de formation conjointement avec les Ecoles de formation judiciaire.

Ces activités font également écho à un cycle d'assistance technique similaire, et complémentaire, enclenché dès 2015 avec les Ecoles de Police et de Gendarmerie du Burkina Faso, du Mali et du Niger, au cours duquel l'ONUDC a formé des instructeurs de ces instituts de formation, élaboré un syllabus de formation incluant des modules sur la traite des personnes et le trafic illicite de migrants, ainsi que des manuels de formation initiale et continue à destination des unités de terrain et des officiers plus chevronnés.

Dans le cadre de sa Contribution à la Stratégie des Nations Unies pour le Sahel et du projet PROMIS visant à renforcer les capacités des Etats d'Afrique de l'Ouest à développer une réponse au trafic illicite de migrants basée sur les droits de l'homme, l'ONUDC soutient le renforcement des capacités des acteurs de la chaine pénale.