Le Mali connait des résultats positifs dans la lutte contre les médicaments frauduleux et la drogue


L'Afrique de l'Ouest est devenu un point de transit pour le trafic illicite et la consommation de drogue. La porosité des frontières dans la région permet aux trafiquants de faire entrer de grandes quantités de drogues et de médicaments sans qu'ils soient approuvés par les autorités compétentes. En raison d'un manque de services de santé accessibles, les médicaments sont souvent achetés sans ordonnance dans les rues. Ces médicaments frauduleux sont souvent moins chers que ceux achetés dans les pharmacies et représentent un réel danger pour les consommateurs, car on ne sait pas exactement quelles sont les substances prescrites et si elles correspondent aux symptômes du patient.

Avec le soutien de l'ONUDC, les institutions maliennes telles que l'Office Central des Stupéfiants (OCS) et la Brigade Mobile d'Intervention (BMI) ont obtenu des résultats positifs dans leur lutte contre les médicaments frauduleux : pour les dernières trois années, le montant total des saisies de médicaments frauduleux de la BMI s'élève à 19,88 tonnes. En 2018 ,2018, 1,8 tonnes ont déjà été saisies (par la BMI), en 2017, les saisies concernent 9,6 tonnes de médicaments, soit plus de 7 millions de comprimés.

« Nous sommes vraiment préoccupés par la diffusion croissante des médicaments frauduleux dans la région. Il est important de lutter contre le trafic de médicaments frauduleux et de drogues dans la région pour améliorer la santé publique mais aussi pour lutter contre le terrorisme. C'est un fait que la criminalité transnationale organisée est souvent liée au financement d'activités terroristes et c'est le mandat de l'ONUDC de soutenir la lutte contre tout trafic illicite afin de lutter efficacement contre le crime et le terrorisme dans la région. » a déclaré Pierre Lapaque, représentant régional du Bureau des Nations Unies contre la drogue et le crime en Afrique de l'Ouest et du Centre.

Le 28 février 2018, les équipes en charge du fret à l'aéroport de Bamako ont saisi 4 650 kg de méthamphétamine en route pour la Malaisie via la France, transportées par un ressortissant nigérian. Le 9 mars 2018, l'OCS, [l'institution centralisée de contrôle des drogues du Mali], a arrêté un ressortissant guinéen transportant 170 cartons de tramadol contenant 70 000 cachets. Le suspect a été présenté au procureur pour trafic de substances illicites le 12 mars 2018. Cette saisie intervient moins de trois mois après que l'ONUDC a sonné l'alarme sur l'augmentation du trafic et de la consommation de tramadol et ses implications pour la sécurité et la santé.

Le trafic de médicaments illicites et frauduleux représente une grave menace pour la santé publique, car il peut causer des dommages irréversibles ou même tuer des patients. L'OMS confirme que « On ne connaît pas le nombre des décès imputables aux médicaments contrefaits, ni l'ampleur de ce commerce, mais les coûts qui en résultent pour la santé publique sont considérables. Outre leurs conséquences directes pour les individus, les contrefaçons peuvent provoquer une résistance aux médicaments utilisés contre des maladies figurant parmi les principales causes de mortalité. Le paludisme, qui fait environ un million de morts par an, en est l'un des principaux exemples. »

L'ONUDC soutient le travail des autorités maliennes à travers plusieurs cours de formation générales sur les drogues et les méthodes de dissimulation des trafiquants. En plus des opérations de contrôle, les autorités maliennes en charge du traitement des crimes liés à la drogue mènent également des activités de sensibilisation, telles quel l'atelier organisé en partenariat avec l'ONUDC pour sensibiliser les journalistes d'investigation.

Dans le cadre de son Programme Sahel, l'ONUDC continue de mener des activités au Mali pour renforcer la capacité des autorités maliennes à lutter contre la criminalité transnationale organisée.

Pour plus d'information:

Programme Sahel