Faire du Sahel une priorité: une réponse intégrée de l'ONUDC contre la criminalité transnationale organisée

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Le rapport d'activité du Programme Sahel de l'ONUDC 2017 a officiellement été rendu public le 15 juin à Vienne, en Autriche. Le rapport présente les résultats atteints par les gouvernements du Sahel, avec le soutien de l'ONUDC, dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue, le crime transnational et le terrorisme.

Le rapport a été présenté au siège de l'ONUDC en présence d'Aldo Lale-Demoz, Directeur exécutif adjoint de l'ONUDC, de M. le Ministre de la Justice du Niger Marou Amadou, ainsi que de Pierre Lapaque, Représentant régional de l'ONUDC pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre.

Durant son allocution, M. Lale-Demoz, a rappelé que « le lien entre le terrorisme et la criminalité transnationale est devenu flagrant et qu'il est nécessaire d'engager les États membres dans une coopération plus significative afin de répondre à cet enjeu, où les flux financiers illicites provenant du trafic de drogues, ainsi que la traite de personnes peuvent être utilisés pour contribuer à soutenir l'extrémisme violent et le terrorisme».

A ce propos, au sujet du Niger, M. Amadou a salué « les actions et interventions de l'ONUDC, car elles nous ont permis de former les acteurs de la chaine pénale sur ces différentes thématiques; ceux-ci sont désormais sensibilisés sur leur rôle et intègrent dans leurs pratiques quotidiennes les normes internationales et les outils techniques développés en matière de prise en charge et traitement des cas qui leur sont soumis ».

Les activités de ce programme ont été réalisées grace aux financements de l'Allemagne, de l'Autriche, de la Belgique, du Canada, du Danemark, de l'Espagne, des Etats-Unis, de la France, du Japon, du Luxembourg, de la Principauté de Monaco, de la Norvège, des Pays-Bas, et de l'Union Européenne.
Les activités de ce programme ont été réalisées grace aux financements de l'Allemagne, de l'Autriche, de la Belgique, du Canada, du Danemark, de l'Espagne, des Etats-Unis, de la France, du Japon, du Luxembourg, de la Principauté de Monaco, de la Norvège, des Pays-Bas, et de l'Union Européenne.

Faire du sahel une priorité

Avec plus de 70 millions d'habitants, dont les deux tiers sont âgés de moins de 25 ans, le Sahel est l'une des régions les plus pauvres du monde. Recouvrant le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad, le Sahel est situé dans une zone semi-désertique. Afin de mieux répondre aux menaces de la région, il est nécessaire d'apporter un fort soutien en faveur d'un contrôle efficace des frontières, de systèmes de justice pénale accessibles, efficaces et responsables, ainsi que d'un renforcement des capacités des agents d'application de la loi.

Depuis sa mise en place en 2014, le Programme Sahel soutient les efforts des institutions gouvernementales, en se concentrant sur la prévention du terrorisme, la lutte anti-corruption, la gestion des frontières et l'amélioration des systèmes judiciaires et des institutions d'application de la loi, afin de promouvoir la paix et la stabilité au Sahel. A ce égard, ce Programme participe à faire du Sahel une priorité pour l'ONUDC et pour la communauté internationale.

Résultats probants

Comme le démontre ce rapport, les résultats atteints par les gouvernements du Sahel montrent une forte appropriation des gouvernements vis-à-vis des différents défis sécuritaires de la région:

  • En janvier 2017, le Burkina Faso a institutionnalisé un Pôle judiciaire spécialisé contre la criminalité organisée, le terrorisme, et son financement.
  • Le G5 Sahel a établi une Plateforme de Coopération en Matière de Sécurité au Sahel (PCMS). Après un approvisionnement en équipements, les experts de l'ONUDC ont offert une formation spécialisée aux employés de la PCMS pour améliorer leurs capacités dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée.
  • Les autorités maliennes ont démantelé un réseau international de trafic de drogue. Cette opération a été rendue possible grâce aux formations spécialisées et à la coopération de l'ONUDC avec la MINUSMA pour le renforcement des capacités nationales et la coopération régionale contre le trafic de drogue et la criminalité organisée.
  • La Mauritanie a adopté une loi permettant un meilleur accès à la justice à ses citoyens. L'ONUDC a apporté son soutien aux autorités mauritaniennes pendant l'élaboration de cette loi en veillant à ce qu'elle soit alignée sur les normes des Nations Unies et de l'aide judiciaire. Cela fait de la Mauritanie le quatrième pays du Sahel à disposer d'une telle législation.
  • Suite à l'adoption d'un projet de loi anti-corruption en décembre 2016, le Niger a récupéré plus de 5 millions de dollars US en avoirs. Une partie des fonds a été retracée jusqu'à un hôpital proche de la capitale de Niamey.
  • Début 2017, le gouvernement du Niger a signé un protocole entre le gouvernement et les Nations Unies, qui reconnait l'obligation d'assurer la protection des enfants associés à des groupes armés ou terroristes, et qui accepte de référer ces enfants aux services de protection de l'enfance. A cet égard, M. Amadou a déclaré lors du lancement du rapport que « l'appui de l'ONUDC a été d'un apport important dans l'amélioration de la chaine pénale face à la prise en charge des cas d'infractions terroristes ».
  • Le Tchad a mis en place une Cellule de coordination pour la lutte anti-terroriste, regroupant des institutions d'application de la loi et des magistrats, afin de faciliter le partage de renseignements à travers des logiciels de traitement de données sécurisés. Cette création fait suite à la formation de l'ONUDC concernant l'amélioration de la coopération au sein du système judiciaire.
  • De nombreuses saisies de drogues, de passeports, d'or, et de liquidités, ont également été rendues possibles grâce aux formations par l'ONUDC des officiers des Cellules aéroportuaires anti-trafic (CAAT) et d'AIRCOP.

Ces activités ont été mises en oeuvre grâce aux financements de l'Allemagne, de l'Autriche, de la Belgique, du Canada, du Danemark, de l'Espagne, des Etats-Unis, de la France, du Japon, du Luxembourg, de la Principauté de Monaco, de la Norvège, des Pays-Bas, et de l'Union Européenne.

Vers une plus grande coopération Sud-Sud

Le rapport ajoute que le Programme Sahel continuera sa mise en oeuvre, en mettant l'emphase sur la coopération Sud-Sud à travers les pays du G5 Sahel, et en faisant des techniques d'enquêtes pro-actives de la lutte contre le crime organisé et les combattants terroristes étrangers, de la cybercriminalité, et de la radicalisation, des axes d'action prioritaires.

Le Programme Sahel travaille également en étroite collaboration avec l'Algérie, la Libye, le Maroc, et d'autres agences de l'ONU, afin d'assurer une approche durable et complète contre les défis affectant la région, mais également pour poursuivre l'intégration de ces pays au sein des activités et des initiatives de la région.

M. Lapaque a conclu en affirmant que « le Programme Sahel de l'ONUDC et les résultats atteints [constituent] une fondation solide sur lesquels s'appuyer pour doter les pays du Sahel de l'assistance nécessaire pour promouvoir la paix dans la région, mais également pour restaurer la confiance des populations vulnérables envers les autorités gouvernementales ».