Le Burkina Faso lance son premier master anti-corruption

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L'éducation est un outil fondamental dans la lutte contre la corruption et la prévention de la criminalité. Ainsi, la mise en place de programmes axés sur la lutte contre la corruption dans le cursus universitaire contribue à renforcer les capacités des futurs professionnels en la matière en plus de promouvoir une culture respectueuse de l’État de droit, de la justice pénale et de la prévention de la criminalité.

L'ONUDC est résolu à promouvoir l'enseignement de la lutte contre la corruption dans les universités. À cet effet, un premier atelier régional s'est tenu à Doha (Qatar,) en juin 2015, réunissant des représentants d'universités d'Afrique de l'Ouest et du Centre. Au cours de cet atelier, les participants ont rappelé aux universités de la région la nécessité de prendre l'engagement d'introduire, avec le soutien de l'Initiative universitaire anti-corruption (ACAD) de l'ONUDC, des cours de lutte contre la corruption dans leurs cursus d'enseignement et de recherche.

En 2016, l'ONUDC a décidé d'organiser au Burkina Faso, un atelier national en collaboration avec l'UNESCO sur le thème : "Intégration de la lutte contre la corruption dans l'enseignement universitaire". Cet atelier est le fruit de l'engagement et de l'intérêt manifestés par les institutions burkinabés et du contexte national favorable à la lutte contre la corruption, comme en témoigne l'adoption de deux lois contre la corruption en 2016. Cet atelier s'est tenu à Ouagadougou en juillet 2016 et a réuni outre des professeurs de différentes universités du Burkina Faso, des représentants d'institutions locales et régionales actives dans le domaine de l'éducation et de la lutte contre la corruption.

À cette occasion, l'Université Ouaga II a décidé de créer un master sur la lutte contre la corruption et un comité de coordination a ainsi été nommé afin de diriger le processus de conception et d'établissement de ce master.

Etudiants du master durant le lancement en janvier 2019
Etudiants du master durant le lancement en janvier 2019

En effet, une réunion de ce comité de coordination s'est tenue à l'université Ouaga II en mars 2017 et a abouti à l'adoption des Termes de Référence et d'un plan d'action pour la création du master, ainsi qu'à la création d'un comité pédagogique chargé de l'élaboration du projet de master. Dans l'optique de promouvoir l'égalité des sexes et la représentation égales des hommes et des femmes au sein du comité, l'ONUDC a encouragé et assuré l'inclusion d'une professeure parmi les membres dudit comité.

Le projet de master a été élaboré avec le soutien technique de l'ONUDC et d'universitaires tunisiens, qui ont partagé leur propre expérience avec les universitaires burkinabés dans une perspective de coopération Sud-Sud.

Suite à l'approbation du Conseil scientifique de la Faculté des sciences sociales et économiques, hôte du master, et du Conseil de l'université, le master a été officiellement lancé en janvier 2019, réunissant 25 professionnels de divers horizons. En plus de promouvoir une culture d'intégrité, ce master vise à renforcer les capacités des futurs professionnels en matière de lutte contre la corruption.

En soutenant la lutte anti-corruption à travers ce master, l'ONUDC, par le biais du Programme régional pour l'Afrique de l'Ouest (2016-2020), entend contribuer à la réalisation de l'Objectif 16 des Objectifs de développement durable (ODD), qui appelle à : « Promouvoir l'avènement de sociétés pacifiques et ouvertes à tous aux fins du développement durable, assurer l'accès de tous à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes à tous » tout en le reliant son travail à l'ODD 4, à savoir «Assurer l'accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d'égalité, et promouvoir les possibilités d'apprentissage tout au long de la vie» et à l'ODD 5 sur l'égalité entre les sexes. Ce résultat a été atteint dans le cadre du Programme Sahel, qui couvre notamment le Burkina Faso.