Réunion internationale au Niger contre le trafic illicite de migrants et la traite des personnes

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Le trafic illicite de migrants et la traite des personnes sont deux formes de criminalité transnationale organisée qui affectent les pays de départ, de transit et de destination, en Afrique comme en Europe. Ces phénomènes, en lien avec la question migratoire, se développent au mépris des droits les plus fondamentaux des victimes et se complexifient rapidement au travers de réseaux criminels organisés.

Conscients de la gravité de ces menaces et de leur impact sur la situation sécuritaire de la région, les gouvernements et les institutions de la région ont décidé d'agir pour mettre fin à ces activités criminelles particulièrement lucratives.

A l'initiative du Gouvernement du Niger, une conférence régionale a donc réuni les directeurs généraux et hauts commandants des forces de sécurité intérieure sur la lutte contre le trafic illicite de migrants et la traite des êtres humains.

Photo de groupe des participants
Photo de groupe des participants

Cette conférence s'est déroulée à Niamey les 18 et 19 juin dernier et a réuni les délégations de nombreux pays africains et européens (Allemagne, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Espagne, Gambie, Guinée Conakry, France, Italie, Mali, Mauritanie, Niger, Nigéria, Pays-Bas, Royaume Uni, Sénégal et Tchad) ainsi que l'Union Européenne, l'Organisation Internationale pour la Migration (OIM), l'Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC), INTERPOL et le Secrétariat Permanent du G5 Sahel.

Lors de la cérémonie d'ouverture, Monsieur Mohamed BAZOUM ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, de la Sécurité Publique, de la Décentralisation et des Affaires Coutumières et Religieuses de la République du Niger a rappelé que « la lutte contre le trafic illicite de migrants et la traite des êtres humains a été ces dernières années au centre de nombreuses rencontres internationales auxquelles nos différents pays ont pris part».

Cette rencontre de haut niveau s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la Déclaration conjointe du 16 mars 2018, aux termes de laquelle les Ministres de l'Intérieur et des Affaires Etrangères des Etats mentionnés ont formulé des recommandations pratiques et opérationnelles pour une meilleure coordination dans la lutte contre le trafic illicite de migrants et la traite des êtres humains.

Tout au long des travaux conduits par M. Souley BOUBACAR, directeur général de la Police Nationale du Niger, les participants ont plaidé pour une mutualisation des efforts et une meilleure coopération entre les acteurs de terrain concernés aussi bien au niveau national que régional et entre les différents Etats d'origine, de transit et de destination des victimes.

Monsieur le Ministre Mohamed BAZOUM pendant la cérémonie d'ouverture
Monsieur le Ministre Mohamed BAZOUM pendant la cérémonie d'ouverture

Les sessions ont commencé par une présentation des cadres juridiques en vigueur dans chaque pays afin d'évaluer leur conformité avec les standards internationaux posés par la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et ses deux Protocoles additionnels sur la traite des personnes et le trafic illicite de migrants. Les discussions se sont ensuite orientées autour de la coopération judiciaire et du renforcement des outils nationaux de lutte opérationnelle contre le trafic de migrants et la traite des personnes.

Les différentes délégations présentes ont pu échanger sur les bonnes pratiques déjà en mises en œuvre par leurs pays, et sur les différentes façons d'améliorer l'efficacité de la réponse sécuritaire dans la région, dans le respect des procédures judiciaires et le respect des droits de l'Homme.

Le cas du Niger doit ici être souligné car le pays présente une des législations les plus avancées en la matière et obtient des résultats très encourageants. A titre d'exemple, du 1er janvier au 15 juin 2018, 68 trafiquants ont été déférés devant les tribunaux nigériens et 10 véhicules et 4 motos ont été immobilisés.

A l'issue de cette conférence, les délégations de tous les pays présents ont adopté des recommandations visant à intensifier les efforts pour prévenir et lutter contre le trafic illicite de migrants et la traite des êtres humains, et ont validé l'établissement d'un mécanisme permanent de suivi des engagements permettant de mesurer périodiquement les progrès réalisés par chaque pays. Ce mécanisme permanent de suivi a été placé sous les auspices de l'ONUDC

Cette rencontre contribue à la Stratégie régionale de lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants mise en œuvre en Afrique de l'Ouest et du Centre (2015-2020) et grâce à laquelle l'ONUDC fournit une assistance aux pays de la région afin de soutenir leurs efforts pour répondre aux défis posés ces phénomènes et s'inscrit également dans le cadre du Programme régional de l'ONUDC (2016-2020).

L'ONUDC, en tant que gardienne de la convention et de ses protocoles additionnels, et dans le cadre de son Programme Sahel notamment, fournit depuis plusieurs années une assistance technique aux pays du Sahel pour soutenir et promouvoir l'alignement des cadres juridiques nationaux sur les normes internationales.