G5 Sahel : l'ONUDC forme les policiers spécialisés contre le crime organisé en Mauritanie et au Tchad

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Afin de mieux prévenir et lutter contre le terrorisme et la criminalité transnationale qui affectent la sécurité et la stabilité des pays sahéliens, les États du G5 Sahel ont créé un mécanisme régional de coopération policière sous le nom de « Plateforme de Coopération en Matière de Sécurité » (PCMS). La PCMS, qui dispose d'une antenne nationale dans chaque pays du G5 Sahel, a pour objectif d'animer l'échange d'informations liées à la sécurité et de soutenir le recours à des équipes conjointes d'enquête entre les cinq pays. Son institutionnalisation et son opérationnalisation sont soutenues depuis 2017 par l'ONUDC.

Depuis plusieurs mois, l'ONUDC réalise des formations de deux semaines sur le renseignement criminel et les enquêtes conjointes dans chacun des pays sahéliens. Après le Mali, le Burkina Faso et le Niger, l'ONUDC a répliqué et adapté cette formation en Mauritanie et au Tchad, respectivement du 18 au 29 juin et du 2 au 13 juillet 2018. Ces deux formations ont rassemblé des policiers des services de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, des renseignements et de la police judiciaire, soit plus de 40 participants au total, dont 18 femmes.

Au cours de la première semaine de formation, les participants ont pu renforcer leurs connaissances sur le cycle du renseignement, son analyse et son évaluation. Ils ont également rédigé une note d'information analytique sur les récentes attaques terroristes dans la région.

Au cours de la seconde semaine, les participants ont été formés sur la collecte du renseignement et la gestion des sources, d'abord de manière théorique, puis sur le terrain. Ils ont pris part à des exercices de filature pédestre et motorisée dans les rues de Nouakchott et de N'Djaména. Un exercice à grande échelle traversant les points clés de ces capitales a également été organisé.

les participants de la formation en Mauritanie rédigent une note d'information
les participants de la formation en Mauritanie rédigent une note d'information
débriefing à la suite d'une filature à N'Djaména.
débriefing à la suite d'une filature à N'Djaména.

« Cette formation a un double impact car elle renforce mes compétences analytiques et pratiques, et celles de tous les policiers que je supervise et que je vais former à mon tour, cela améliorera considérablement les performances de mon service » souligne un participant mauritanien. Un chef de police tchadien insiste sur l'importance d'une telle formation qui « complète [s]a formation d'officier de police judiciaire notamment en matière de filature, surveillance et interpellation et comble certaines lacunes dans la lutte contre le crime organisé ».

Le représentant du Ministère de la Sécurité Publique de la République du Tchad, M. Didam Malandjigue Talansadi, a quant à lui remercié l'ONUDC « pour cet appui précieux permettant une amélioration professionnelle des services spécialisés de notre pays afin de mieux lutter contre la criminalité transnationale organisée, dans toutes ses formes ».

Grâce à l'appui fourni par l'ONUDC, les services de police spécialisés des pays du G5 Sahel ont renforcé leurs compétences, et sont tous outillés avec les mêmes techniques et procédures pour lutter contre le crime organisé et le terrorisme. Comme l'a rappelé M. Didam Malandjigue Talansadi, l'objectif est de « faire que l'instabilité dans la région devienne un lointain souvenir ».

Cette assistance s'inscrit dans le cadre du Programme d'appui à l'opérationnalisation de la PCMS du Programme Sahel de l'ONUDC, mis en œuvre en coordination avec les autres partenaires du G5 Sahel, en particulier l'Union européenne, la coopération allemande (GIZ) et Interpol. Ces formations contribuent à l'Objectif de Développement Durable (ODD) 16 des Nations Unies, et ont été réalisées grâce au soutien financier du Danemark. L'ONUDC prévoit de mettre en œuvre un nouveau cycle de formations sur la lutte contre la criminalité organisée dans les mois à venir, dans les cinq États du G5 Sahel.