Fin du cycle de formation des avocats nigériens dans l'assistance et la défense dans les dossiers de terrorisme

English

Du 17 au 19 juillet dernier s'est tenu à Niamey au Niger, le troisième et dernier atelier de formation des avocats nigériens sur l'assistance et la défense dans les dossiers de terrorisme. Cet atelier rentre dans le cadre de la mise en œuvre du projet de renforcement des capacités du Pôle judiciaire antiterroriste de Niamey et principalement de son volet : Accès à la justice. Il s'inscrit dans un contexte marqué au Niger par une recrudescence d'actes terroristes notamment dans l'extrême sud-est du pays avec les incursions répétées du groupe Boko Haram.

Les autorités ont mis en place un mécanisme de riposte institutionnel et normatif avec, d'une part, la création d'un pôle judiciaire spécialisé en matière de lutte contre le terrorisme ; et d'autre part, l'adoption des incriminations terroristes et des règles de procédures particulières en la matière.

Cet atelier coïncide également avec la poursuite à Niamey des procès en matière de terrorisme du Pôle judiciaire spécialisé, dont la deuxième session s'est ouverte le 20 juillet. La lutte contre le terrorisme et la répression des actes terroristes doivent être menées dans le respect des droits humains. Les Nations Unies l'ont rappelé à plusieurs occasions, notamment lors de l'adoption en septembre 2006 par l'Assemblée Générale de la stratégie antiterroriste mondiale ; le respect des droits de l'homme dans la lutte contre le terrorisme a alors été érigé en pilier, le quatrième, de cette stratégie. Le Niger, avec le soutien de l'ONUDC s'efforce de conformer son système de justice pénale à cette exigence, à travers diverses formations, comme celle-ci, à l'intention des acteurs de cette justice.

A l'instar des deux précédents, cet atelier a regroupé, trois jours durant, vingt avocats inscrits au barreau du Niger. Ces derniers ont pu, sous la direction d'experts internationaux venus du Niger, de Belgique et de l'ONUDC, échanger sur des thématiques diverses alliant aspects théoriques et pratiques des techniques de défense dans les cas de terrorisme. Un accent particulier a été mis sur la défense des mineurs associés aux groupes extrémistes lors des sessions du troisième jour.

La cérémonie de clôture a été l'occasion pour Maitre Mounkaila Yayé, Bâtonnier de l'ordre des avocats du Niger, de remercier l'ONUDC pour ses efforts à l'endroit de sa structure, et de souhaiter la continuation du partenariat sur d'autres thématiques toujours en lien avec la lutte contre le terrorisme.

Cette formation s'inscrit dans le cadre du Programme Sahel de l'ONUDC et a été financée par les Etats-Unis. Les problématiques spécifiques liées à la défense des enfants ont été prises en compte dans le cadre du projet concernant les enfants recrutés et exploités par les groupes terroristes et extrémistes violents au Niger, financé par le Canada, le Danemark et la Suisse. Ce projet vise à promouvoir la réinsertion sociale de ces enfants. Enfin, la formation sur la traite des personnes a été soutenue par GLO.ACT (l'Action mondiale pour la prévention et la lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants). GLO.ACT est une initiative conjointe de 4 années (2015-2019) de l'Union européenne et l'ONUDC, avec un budget de 11 millions d'euros et dont le Niger est un pays bénéficiaire.