Atelier de sensibilisation à l'enquête financière et au recouvrement d'avoirs au Mali

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Les liens de plus en plus étroits entre le blanchiment d'argent et le financement d'activités terroristes sont un problème grandissant pour les autorités nationales qui y sont confrontées. Au travers de son Programme mondial de lutte contre le blanchiment d'argent, les recettes du crime et le financement du terrorisme (GPML), l'ONUDC met en place des activités d'assistance technique pour renforcer les capacités nationales de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.

Dans ce cadre, un atelier de sensibilisation à l'enquête financière et au recouvrement d'avoirs s'est tenu à Bamako au Mali, du 22 au 24 novembre 2016, grâce au soutien logistique de la Cellule de Renseignement Financier (CRF) du Mali et au soutien financier du Gouvernement luxembourgeois. Cet atelier a été dispensé par des formateurs préalablement identifiés lors d'ateliers similaires tenus au printemps qui, selon la CRF, avaient permis d'améliorer la qualité des compte-rendu de transactions suspectes. Ils ont été encadrés par Kodjo ATTISSO, conseiller régional de l'ONUDC sur le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.

Cet atelier de trois jours, regroupant 23 participants représentant la CRF, la Police, la Gendarmerie, les douanes ainsi que d'autres autorités compétentes, a été ouvert par Mme Sidibé Jamillatou CISSE, Secrétaire générale du Ministère de l'Economie et des Finances. Cette dernière a profité de sa présence pour souligner que les autorités policières et judiciaires au Mali ont des besoins significatifs de formation en matière d'enquêtes financières et de recouvrement d'avoirs. En règle générale, les enquêtes et les poursuites au Mali œuvrent pour assurer l'emprisonnement des criminels, sans se pencher davantage sur les possibles recettes engendrées par le crime.

 Participants présents à l'atelier
Participants présents à l'atelier

M. Marimpa SAMOURA, Président de la CRF, a rejoint l'avis de la Secrétaire générale quant aux besoins de formation en matière d'enquêtes financières, et a exprimé sa gratitude envers l'ONUDC pour ses diverses activités de renforcement des capacités des autorités compétentes au Mali, en termes de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Le Représentant du Gouvernement luxembourgeois, M. Jacques HOFFMANN, a pour sa part rappelé que les enquêtes financières garantissent que le crime ne paye pas et souligné l'importance de déclencher une sorte de réflexe autonomique chez les enquêteurs pour savoir où chercher l'information pertinente permettant de construire un rapport solide sur des affaires de blanchiment d'argent.

L'atelier a également porté sur un certain nombre d'autres sujets pertinents, tels que les cadres internationaux et nationaux de lutte contre blanchiment d'argent et contre le terrorisme, les techniques d'enquête financière ou encore la coopération internationale. Une nouvelle thématique pour le Mali a aussi été abordée : la gestion des biens criminels saisis et confisqués. Un agent de police français, Francis MARDONAO, de l'Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC) s'est joint au Conseiller régional de l'ONUDC pour faciliter le déroulement de l'atelier.

En 2016, le Programme mondial de lutte contre le blanchiment d'argent, les recettes du crime et le financement du terrorisme (GPML) de l'ONUDC a permis de livrer plusieurs activités d'assistance technique au Mali afin de renforcer les capacités nationales de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Au printemps dernier, quatre ateliers ont été organisés pour former un groupe de praticiens nationaux afin d'être eux-mêmes, à l'avenir, formateurs en matière d'enquêtes financières. Ces ateliers ont pu avoir lieu grâce au soutien du Bureau international des stupéfiants et de l'application de la loi du département d'Etat des Etats-Unis (INL). Parallèlement, et grâce au soutien du Gouvernement luxembourgeois, les entités en charge d'établir des rapports dans ces affaires ont également été formées à prendre conscience de leur rôle dans la lutte contre le blanchiment.

Ces activités de formation ont été menées dans le cadre du Programme Sahel de l'ONUDC, qui constitue sa Contribution à la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel (SINUS) lancée par le Conseil de sécurité des Nations Unies en 2012 en réponse aux conflits en Libye (2011) et au Mali (2012).