L'ONUDC soutient l'adoption de manuels de formation pour les écoles de magistrature

English

La prise de conscience par les Etats de l'Afrique de l'Ouest et du Centre, en particulier ceux de la bande sahélienne, de l'importance de lutter contre la criminalité transnationale organisée sous toutes ses formes dans la région n'est maintenant plus à démontrer. Ayant tous ratifié la Convention des Nations unies contre la criminalité organisée et ses protocoles additionnels relatifs à la traite des personnes et au trafic illicite de migrants, et étant en voie de transposition des standards internationaux en droit interne, il apparaît, dès lors, nécessaire de mettre l'accent sur le renforcement des capacités des acteurs de la chaîne pénale afin que la protection des victimes et la poursuite des auteurs de ces infractions puissent se faire de façon efficiente.

En ce sens, un atelier régional de formation des instructeurs des écoles de Police et de Gendarmerie du Burkina Faso, du Mali et du Niger sur les manuels de formation portant sur la traite des personnes et le trafic illicite de migrants a déjà eu lieu du 6 au 8 novembre 2017, contribuant au renforcement, au niveau sous régional, des capacités stratégiques et opérationnelles des unités en charge de lutter contre la traite des personnes.

Photo de famille des participants durant l'évènement
Photo de famille des participants durant l'évènement

Mais la formation des magistrats apparait également comme étant essentielle car ces derniers jouent un rôle de premier plan dans l'éradication des fléaux que sont la traite des personnes et le trafic illicite de migrants. Dès lors, l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a développé des outils d'assistance technique pour appuyer les Etats dans le renforcement de la réponse nationale contre ces crimes. Le soutien aux currila des Ecoles nationales de formation judiciaire constitue ainsi l'une des solutions les plus durables afin de contrecarrer les modes opératoires des réseaux criminels.

A la suite d'une réunion qui s'est tenue à Ouagadougou, Burkina-Faso, du 19 au 21 décembre 2017, et au cours de laquelle le projet de syllabus de formation sur la traite des personnes et le trafic illicite de migrants avait été validé, l'ONUDC a donc organisé, du 25 au 27 juin 2018 à Bamako, Mali, un atelier régional en vue de l'élaboration d'un syllabus de formation sur la traite des personnes et le trafic illicite de migrants destiné aux écoles de formation judiciaire du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

La cérémonie d'ouverture de cet atelier, qui a réuni 21 personnes dont 8 femmes, a été présidée par Monsieur Toubaye Koné, représentant le Ministre de la Justice et, par ailleurs, Directeur général de l'Institut national de formation judiciaire du Mali. Outre les directeurs et formateurs des écoles de magistrature du Burkina Faso, du Mali, et du Niger, l'atelier a également vu la participation des structures nationales de lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants de chacun des trois pays.

Dans un souci de correspondre aux exigences pédagogiques des écoles et aux axes définis dans les stratégies nationales de lutte contre ces deux phénomènes, le consultant animant l'atelier a soumis les deux projets de manuels de formation aux participants qui ont fait des observations tant sur le fond que sur la forme avant de procéder à leur validation. Au préalable, les formateurs se sont constitués en groupes pour enrichir lesdits manuels grâce à leurs expériences et au partage de bonnes pratiques. Cela leur a également permis d'échanger sur les modalités d'adaptation et de mise en œuvre de sessions de formation sur la traite des personnes et le trafic illicite de migrants destinées aux auditeurs de justice et aux magistrats en activité.

Après avoir formé les magistrats-enseignants du Burkina-Faso, du Mali et du Niger (Dakar, Sénégal, 12-14 mars 2018), l'élaboration conjointe de manuels et modules de formation par l'ONUDC et les écoles de formation judiciaire nationales apparaît comme la seconde phase du cycle d'assistance technique fournie par l'ONUDC aux Etats de la région pour lutter contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants.

Cette activité, financée par le Royaume des Pays-Bas, contribue à la Stratégie régionale de lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants (2015-2020) ainsi qu'au Programme régional de l'ONUDC pour l'Afrique de l'Ouest (2016-2020).