2017 : bilan positif pour la lutte contre les armes à feu et AIRCOP

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La criminalité transnationale organisée est une menace à la paix et à la sécurité humaine, elle entrave les droits de l'homme et sape le développement économique, social, culturel, politique et civil des sociétés. Dans la région du Sahel, considérée comme la région la plus pauvre du monde, la criminalité transnationale bénéficie de la porosité des frontières, de la faiblesse des institutions étatiques et de la sécurité pour s'étendre. Le Programme Sahel de l'ONUDC vise à soutenir les pays du Sahel dans leurs efforts pour développer des systèmes de justice pénale effectifs contre les trafics illicites, la criminalité organisée et le terrorisme.

Dans leur lutte contre la criminalité transnationale organisée, les Etats du Sahel connu de bons résultats notamment en ce qui concerne la lutte contre le trafic d'armes à feu et la lutte contre le trafic de drogue, au cours de l'année passée. Ces résultats ont pu être atteint dans le cadre du Programme Sahel, et grâce au soutien des divers bailleurs du Programme Sahel.

Les armes à feu circulent dans toute l'Afrique de l'Ouest, facilement et sans contrôle. Pour faire face à ce fléau, les autorités du G5 Sahel n'ont que peu de moyens de collecte de données et d'identification des armes légalement détenues par les forces de l'ordre et militaires. L'ONUDC travaille avec les autorités des Etats membres afin de renforcer leurs capacités, et de mettre en œuvre les mesures de prévention et de sécurité prévues par le Protocole contre la fabrication et le trafic illicite d'armes à feu. Le soutien de l'ONUDC se concrétise notamment par un appui au marquage, à la collecte et à la destruction des armes à feu et par un renforcement des capacités d'enquête et de poursuite en matière de trafic d'armes.

Suite aux ateliers de formation régionaux et nationaux dispensés aux agents des services d'application de la loi du G5 Sahel, un total de 35 777 armes à feu ont été marquées au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Au Mali, 100% du stock d'arme des douanes a été marqué, ainsi que 8 500 armes de la police nationale. Les pays reçoivent également un soutien technique et financier dans l'enregistrement d'armes déjà marquées.

Au début de l'année 2017, les autorités burkinabés ont réussi à identifier et saisir l'arme d'un terroriste, qui avait été volée lors d'une attaque contre le poste de police d'Intangom, près de la frontière malienne. « Cette identification a été possible grâce aux activités de marquage des armes à feu menées par le biais d'un kit de marquage remis par l'ONUDC » a indiqué l'un des officier de police.

Parallèlement au trafic d'armes à feu, le Sahel est devenu au cours des dernières années une zone de transit pour les trafiquants de drogue, notamment entre l'Amérique latine et l'Europe. Afin de renforcer les capacités de saisie au niveau des aéroports, des Cellules aéroportuaires anti-trafic (CAATs) ont été créées dans les aéroports internationaux du Mali, du Niger et plus récemment du Burkina Faso. Les CAATs font parties du projet AIRCOP, qui réunit les efforts de l'Organisation mondiale des douanes (OMD), d'INTERPOL et de l'ONUDC pour renforcer la coopération en temps réel et l'échange d'informations opérationnelles entre les aéroports internationaux d'Afrique.

Au cours de l'année 2017 les CAATs des aéroports de Bamako, Niamey et Ouagadougou ont procédés à diverses saisies. Ainsi, ce sont 35,54 kg de drogues et 59,763kg d'or qui ont été saisis au cours des douze derniers mois. Les agents basés à Niamey et au Burkina Faso ont également effectués des saisies de devises pour un total de 1 001 632 USD et 113 120 EUR. Ces résultats témoignent du travail mis en place par les différentes CAATs.

Le chef de la CAAT de Bamako reconnait que « aujourd'hui, le trafic de drogues à l'aéroport de Bamako-Sénou a connu un ralentissement avec la création de la CAAT et une meilleure coordination de lutte sur la Plateforme ».

Pour l'année 2018, l'ONUDC souhaite poursuivre sur sa lancée, et l'accent sera en outre mis sur le renforcement des capacités de collecte, analyse et d'échange de renseignement, mais aussi sur le contrôle aux frontières afin de lutter contre les différentes formes de criminalité transfrontalière dont les trafics de drogue et d'armes.

La région sahélienne a toujours été une route de commerce et de migration. Cependant, des facteurs tels que la faiblesse des systèmes judiciaires, la corruption et la présence d'armes à feu ont créé un environnement propice pour les trafics illicites, le crime organisé, le terrorisme, et la corruption. Le Programme Sahel de l'ONUDC vise à fournir des réponses à ces défis, en renforçant les capacités de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée des autorités de la région à travers des systèmes de justice pénale accessibles, efficaces et responsables.