L'ONUDC forme et accompagne les services de police spécialisés au Mali

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En 2014, les Ministres en charge de la sécurité des Etats du G5 Sahel ont pris la décision de créer un mécanisme régional de coopération policière sous le nom de « Plateforme de Coopération en Matière de Sécurité » (PCMS), afin d'apporter une réponse coordonnée et organisée aux menaces qui pèsent sur la région. L'ONUDC a proposé au Secrétariat permanent du G5 Sahel, en janvier 2017, un plan d'appui pour l'opérationnalisation de la PCMS, incluant la mise en œuvre d'opérations conjointes d'enquête.

Ainsi, faisant suite aux formations sur le renseignement criminel dispensées dans les cinq pays membres du G5 Sahel en 2017, l'ONUDC organise actuellement des formations nationales par tutorat sur les équipes conjointes d'enquête. Cette activité permet d'aider les services de police spécialisés de la région, pour qu'ils passent de l'étape de la collecte de l'information à l'étape de l'exploitation de cette information. La formation vise également à favoriser la création d'équipes conjointes, composées d'éléments des services spécialisés, pour servir de mécanisme de coopération policière régionale.

Les participants pendant l'atelier
Les participants pendant l'atelier

La première formation a eu lieu à Bamako, au Mali, du 3 au 13 avril 2018. Cette formation a réuni 16 participants, issus des services chargés de la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée : la Brigade des Investigations Spécialisées (BIS) et l'Office Central des Stupéfiants (OCS).

Cette activité s'est articulée en deux temps, la première semaine, sous la forme d'une formation, a porté sur le renseignement criminel et les enquêtes conjointes. La deuxième semaine s'est déroulée sous la forme d'un tutorat, au cours duquel l'expert de l'ONUDC a passé deux jours dans chacun des services spécialisés afin de les conseiller dans l'exploitation des informations et de déterminer conjointement avec les chefs des services les éléments susceptibles de rejoindre le dispositif des équipes conjointes d'enquête.

Lors de la phase de tutorat, les agents de l'OCS et l'expert de l'ONUDC se sont rendus sur le marché de Bamako afin d'étudier les médicaments vendus dans la rue. Ensemble, ils se sont procurés des « défatigants », vendus 50 FCFA (0.09$/0.08€). Ces médicaments sont principalement utilisés par les chauffeurs de taxis et les travailleurs de force, et sont facilement accessibles à tous de par leur prix peu élevé. Les agents de l'Office Central des Stupéfiants ont mis en avant la présence d'amphétamine dans les comprimés achetés sur le marché.

Cette découverte illustre l'intérêt et l'importance du tutorat et souligne la présence de drogues sous la forme de gélules dans les marchés de la capitale. L'ONUDC avait déjà alerté au mois de mars sur la circulation à grande échelle de médicaments contrefaits, tout en reconnaissant les résultats positifs dans la lutte contre les médicaments frauduleux et la drogue de la BIS et de l'OCS.

Cette première formation à vise à être répliquée et adaptée à chacun des Etats du G5 Sahel, au cours des prochains mois. Elle s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l'accord sur les PCMS et du Programme Sahel de l'ONUDC.

En tant que gardien de la Convention des Nations Unies contre la corruption et la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et ses protocoles, l'ONUDC fournit une assistance aux États du G5 Sahel afin de renforcer la chaîne judiciaire et lutter contre les trafics de drogues, le terrorisme, la corruption, la traite de personnes et le trafic de migrants.