L'ONUDC forme 15 formateurs dans la lutte contre le trafic international de stupéfiants au Niger

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Niamey 02 juin 2016- Depuis le début des années 2000, la zone Afrique de l'Ouest est devenue une plaque tournante pour le trafic de cocaïne en provenance d'Amérique du Sud vers l'Europe, après l'intensification de la lutte en Europe et aux Etats-Unis contre les circuits traditionnels du trafic international. Les profits générés par le crime organisé ont eu comme effets la perturbation des économies locales avec les flux de profits incontrôlés et d'importants problèmes de santé publique.

Les quantités de plus en plus significatives de drogue interceptées sont un indice de l'intensification des activités illicites dans la région. Un fait majeur est la mainmise sur le trafic transnational de drogue par des organisations terroristes qui financent ainsi leurs activités.

Pour lutter contre ces menaces, l'ONUDC a lancé, en collaboration avec la CEDEAO, le projet « Appui au Plan d'action régional de la CEDEAO sur le trafic de drogue, la criminalité organisée et de l'abus de drogues en Afrique de l'Ouest » , entièrement financé par l'Union européenne (Bureau Abuja) à travers le 10ème Fond européen de développement. Dans ce cadre le Bureau régional de l'ONUDC a organisé, en étroite collaboration avec son Programme Sahel, une formation de formateurs du 30 mai au 02 juin à Niamey au Niger afin de renforcer les unités du terrain chargées de la lutte contre le trafic international de stupéfiants. Cette formation a été rendue possible grâce aux contributions du gouvernement du Danemark et de l'Union Européenne.

Photo de famille des participants, du représentant de la GIZ et M. Emile Jeannee du Bureau de l'Union européenne à Niamey ©ONUDC/2016
Photo de famille des participants, du représentant de la GIZ et M. Emile Jeannee du Bureau de l'Union européenne à Niamey ©ONUDC/2016

La formation, première du genre dans le cadre du projet d'appui, s'est déroulée dans les locaux de l'École de police de Niamey et a regroupé quinze professionnels issus de différents départements de la Police nigérienne encadrés pendant quatre jours par trois spécialistes chevronnés. Les représentants de la GIZ (Coopération allemande) et de l'Union européenne et le directeur de l'Ecole nationale de police du Niger ont souhaité la bienvenue aux participants.

L'utilisation de l'Afrique de l'Ouest comme nouvelle plateforme pour la cocaïne à destination de l'Europe a posé de nombreux nouveaux défis. La puissance économique et financière des cartels sud-américains, usant de corruption dans les États de la zone sahélo-saharienne, a fragilisé certains pouvoirs politico-judiciaires et les sociétés traditionnelles sont déstabilisées dans leur homogénéité sociale.

En Mauritanie, dans le nord du Mali, du Niger et au Tchad, des groupes criminels utilisent d'anciennes routes caravanières pour divers trafics : résine de cannabis et de cocaïne, contrebande de médicaments et même trafic d'êtres humains.

Le phénomène insurrectionnel et le terrorisme salafiste compliquent les investigations dans cette zone instable. Et l'interconnexion entre groupes terroristes et réseaux criminels traditionnels rend le travail des enquêteurs sérieusement plus compliqué.

Selon Cheikh Touré, coordonnateur du projet à l'ONUDC : « Cette formation se veut technique et spécialisée dans les investigations et la lutte contre le crime organisé, plus particulièrement contre le trafic international de stupéfiants qui alimente dorénavant tous les réseaux criminels. Elle comporte un volet théorique et pédagogique, un volet sécuritaire visant à garantir l'intégrité physique et vise à permettre aux participants d'assurer la formation d'autres professionnels. »

La formation est adaptée aux spécificités locales de la bande sahélo-saharienne en tenant compte des réalités culturelles locales. Les formateurs seront déployés dans d'autres régions pour la formation d'enquêteurs spécialisés, au plus près de l'activité criminelle.

Les membres des personnels de police pendant une séance de formation à l'Ecole nationale de police de Niamey ©ONUDC/2016
Les membres des personnels de police pendant une séance de formation à l'Ecole nationale de police de Niamey ©ONUDC/2016

Pour Monsieur Emile Jeannee, chef de la Coopération du Bureau de l'Union européenne à Niamey qui a ouvert la formation : « Nous nous réjouissons de cette formation qui rendra plus efficace la lutte contre la drogue dans l'espace CEDEAO et de notre partenariat avec l'ONUDC qui dispose de compétences capables de soutenir les Etats dans la mise en œuvre du Plan d'action de la CEDEAO de lutte contre la drogue. Nous voulons espérer que les autres formations qui suivront donneront des résultats sur le terrain très prochainement. »

D'autres pays de la CEDEAO sont ciblés pour abriter la même formation et renforcer encore plus de capacités dans la lutte contre le trafic de drogue et la criminalité organisée.

L'ONUDC fournit une assistance technique aux États d'Afrique de l'Ouest depuis 20 ans, à travers son Bureau Régional pour l'Afrique de l'Ouest et Centrale (ROSEN) basé à Dakar, au Sénégal et de 10 autres bureaux locaux basés dans différents pays de la région. Gardien de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée (CTO) et de ses Protocoles, ainsi que des trois Conventions sur le contrôle international des drogues, l'ONUDC a pour mandat d'aider les États membres à renforcer leurs réponses nationales en la matière, en conformité avec leurs obligations internationales.