L'ONUDC renforce les capacités de lutte contre la traite des personnes et le trafic de migrants au Mali et au Niger

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Les pays du Sahel sont confrontés à de nombreux défis qui menacent la sécurité humaine. Au cours des dernières années, la traite des personnes et le trafic illicite de migrants sont devenus des sujets de préoccupation grandissante pour les pays d'Afrique de l'Ouest en général, et ceux de la bande sahélienne en particulier. Ces deux infractions connaissent un développement sans précédent dans ces Etats, considérés comme des zones d'origine, de transit et de destination pour les victimes de traite et les migrants objets du trafic illicite.

C'est dans cette perspective que l'Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) a initié un partenariat avec les écoles de police et de gendarmerie du Burkina Faso, du Mali et du Niger avec pour ambition de renforcer leurs curricula de formation dans le domaine de la criminalité organisée, en particulier la traite des personnes et le trafic illicite de migrants.

Deux formations successives à Bamako du 14 au 18 septembre 2015, et à Niamey du 28 septembre au 02 octobre 2015, ont donc réuni 40 instructeurs désignés par les écoles de police et de gendarmerie des deux pays. Ils ont bénéficié d'une formation sur mesure portant sur les différentes étapes du traitement de ces deux infractions, en particulier les principes régissant les enquêtes spécifiques à ce type de criminalité ainsi que la protection des victimes.

Les participants au cours de la formation à Bamako, au Mali
Les participants au cours de la formation à Bamako, au Mali

Le renforcement des capacités des acteurs de la chaine pénale constitue un des défis majeurs afin de contrecarrer les modes opératoires des organisations criminelles se livrant à de tels agissements, et protéger les victimes de la traite des personnes et migrants vulnérables. En ce sens, les gendarmes et les policiers jouent un rôle de premier plan. Une mise à jour de leurs programmes de formation est indispensable pour une adaptation aux nouvelles formes de criminalité.

La formation aura permis, comme l'a relevé un participant : « de cerner les contours de ces deux infractions qui sont mal comprises par les agents d'application de la loi et d'en assimiler les concepts et enjeux, mais aussi de susciter un plus grand engagement des forces de défense et de sécurité ».

Ce partenariat vient compléter une assistance technique de l'ONUDC destinée à renforcer l'arsenal juridique des Etats afin de prévenir et punir ces infractions, tout en offrant un cadre pour la protection et l'assistance aux victimes de la traite et aux migrants objets de trafic illicite.

Cette initiative s'inscrit dans une logique de soutenabilité et d'appropriation des initiatives de formation dans le domaine de la criminalité organisée par les écoles de formation des Etats bénéficiaires, qui se sont engagés à les inclure dans leur programme de formation initiale et continue. Ces efforts ont été menés dans le cadre de la contribution de l'ONUDC à la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel, notamment grâce à l'appui financier de l'Autriche, et dans la cadre de la Stratégie Régionale de l'ONUDC de lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants 2015-2020.