UNODC et la MINUSMA délivrent une formation sur les techniques d'investigation au Mali 


Dakar, 1 er juillet 2016-Au milieu des années 2000, l'Afrique est devenue zone de transit vers l'Europe pour le trafic international de stupéfiants, plus particulièrement la résine de cannabis en provenance du Rif marocain et la cocaïne sud-américaine. L'apparition de nouvelles drogues synthétiques, produites aussi sur place, comme la méthamphétamine est une cause supplémentaire d'inquiétude aux acteurs de la lutte contre les stupéfiants.

Les acteurs des réseaux criminels souterrains s'adaptent aux services de répression et le chaos des conflits armés dans la région a fourni un terrain favorable à leurs activités. Le terrorisme salafiste et les trafics dans la bande sahélo-saharienne sont désormais des éléments étroitement imbriqués.

Pour lutter contre ces menaces, le Bureau régional de l'UNODC, en collaboration avec la MINUSMA, a organisé du 20 juin au 1 er juillet 2016 à Bamako au Mali, un atelier de formation en « techniques d'investigation contre le trafic international de stupéfiants ».

Photo de groupe des participants à la formation du Projet Ecowas organisée au Mali (20 juin-1er juillet) ©UNODC/2016
Photo de groupe des participants à la formation du Projet Ecowas organisée au Mali (20 juin-1er juillet) ©UNODC/2016

Cette formation a été conduite dans le cadre du projet financé par l'Union européenne (Bureau d'Abuja) intitulé « Appui au Plan d'action régional de la CEDEAO sur le trafic de drogue, la criminalité organisée et l'abus de drogues en Afrique de l'Ouest » ; et exécuté par l'ONUDC en collaboration avec la CEDEAO.

En s'adressant aux participants, les représentants de l'Union européenne au Mali, de la MINUSMA et de l'UNODC et du Gouvernement ont apprécié l'importance de cette formation dans le contexte actuel d'insécurité. Ils ont mis l'accent sur la volonté d'apporter une réponse concertée aux défis sécuritaires liés au trafic international de drogue.

La formation a réuni 18 professionnels des deux unités dédiées à la lutte contre le trafic international de stupéfiants au Mali: l'Office Central de stupéfiants (OCS), à vocation internationale et la Brigade de stupéfiants de Bamako, à compétence nationale.

L'objectif visé par cette formation à haute valeur ajoutée était de permettre des investigations fructueuses, des saisies de produits stupéfiants et des interpellations de trafiquants. Il s'agissait aussi de renforcer les capacités opérationnelles des unités anti-drogue maliennes pour une réponse judiciaire et opérationnelle rapide et efficiente. Les deux unités devront ensuite travailler dans la plus harmonieuse complémentarité pour plus d'efficacité sur le terrain.

Trois formateurs d'expérience ont renforcé les capacités des participants dans l'identification des stupéfiants, la collecte du renseignement criminel et son utilisation dans la procédure pénale, l'usage du téléphone et des technologies de l'information, l'enquête proactive et la rédaction du procès-verbal entre autres aspects. Des exercices pratiques ont mis les participants à l'épreuve.

Des policiers Maliens durant une session de formation, organisée à Bamako (20 juin-1er juillet) ©UNODC/2016
Des policiers Maliens durant une session de formation, organisée à Bamako (20 juin-1er juillet) ©UNODC/2016
L'ONUDC fournit une assistance technique aux États d'Afrique de l'Ouest depuis 20 ans, par le biais de son Bureau régional pour l'Afrique de l'Ouest et Centrale (ROSEN) basé à Dakar, au Sénégal et de 10 autres bureaux locaux basés dans différents pays de la région. En tant que gardien de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée (CTO) et de ses Protocoles, ainsi que des trois Conventions sur le contrôle international des drogues, l'ONUDC a pour mandat d'aider les États membres à renforcer leurs réponses nationales en la matière, en conformité avec leurs obligations internationales.

*Un des formateurs spécialisés dans les techniques d'investigation contre le trafic international de drogues a notamment pu être recruté grâce au soutien du Danemark.