Le Mali et le Niger renforcent le renseignement criminel à travers le G5 Sahel

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La région du Sahel est confrontée à de nombreux défis, qui affectent la sécurité des Etats et de leurs populations. Comme en attestent les récentes attaques terroristes qui ont touché le Burkina Faso, le Mali et le Niger, ainsi que les flux importants de trafic de migrants, d'armes à feu, et de drogue qui traversent la bande sahélo-saharienne, ces fléaux sont de nature transnationale. En réponse, les Etats de la région ont mis en place une structure régionale, axée sur la coopération en matière de sécurité et de développement: le G5 Sahel.

Dans le cadre de son partenariat étroit avec cette organisation, et en particulier sa Plateforme de Coopération en Matière de Sécurité (PCMS), l'ONUDC a dispensé deux formations nationales à Niamey et Bamako du 19 au 30 juin 2017. Ces sessions portaient sur la collecte et l'analyse du renseignement, devenu une composante fondamentale des efforts des pays pour lutter contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée.

Le représentant du gouvernement du Japon, M. Nakagawa, présent lors de la cérémonie de clôture de l'atelier de Niamey, a souligné que « la criminalité transnationale organisée, les groupes armés et les armes en circulation constituent le ventre mou de la sécurité dans la région et le monde ».

En plus du perfectionnement dans les techniques de collecte de l'information en lien avec des actes terroristes ou des affaires criminelles, l'ONUDC a choisi d'intégrer la dimension « analyse » dans les sessions de formation, afin de s'assurer que les participants soient bien outillés pour traiter ces données. Les sessions ont réuni 56 participants (25 au Niger et 31 au Mali), dont 9 femmes, issus des agences d'application des lois et des plateformes nationales de la PCMS, ainsi que des magistrats, afin de former toutes les composantes de la chaîne pénale et de promouvoir une coopération accrue entre les différents services. 

   Les participants à l'atelier de Bamako
Les participants à l'atelier de Bamako

Les formations ont permis aux participants d'accroitre leurs compétences sur le cycle du renseignement, les livraisons surveillées, le recrutement et l'évaluation d'une source humaine, la gestion des informateurs, ou encore la rédaction de notes d'information à l'intention des autorités sécuritaires et politiques, pour les informer sur les incidents survenus et orienter leur prise de décision.

« L'utilisation de l'analyse criminelle dans une entreprise proactive va nous permettre d'aller à la prévention », a déclaré le Procureur Boubacar Sidiki Samaké, chef du Pôle Judiciaire Spécialisé de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée du Mali, lors de la cérémonie d'ouverture de la formation de Bamako. S.E. Monsieur Jolke Oppewal, Ambassadeur des Pays-Bas au Mali, deux représentants du gouvernement du Danemark, le Point Focal du G5 Sahel au Mali, le Coordonnateur National de la PCMS et le Lieutenant-Colonel Georges Modibo Keita, chef de la Brigade d'Investigation Spécialisée (BIS) du Pôle Judiciaire étaient également présents lors de l'ouverture. Lors de la clôture, le chef de la BIS a ajouté : « le contexte de crise sécuritaire que nous vivons actuellement nous invite à accentuer notre réflexion autour de l'analyse du renseignement criminel comme outil de travail indispensable dans le processus de traitement des informations ».

Les participants à l'atelier de Niamey
Les participants à l'atelier de Niamey

Le G5 Sahel a été créé en février 2014, lorsque les chefs d'État du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad ont signé une convention sur la création d'une organisation régionale économique et sécuritaire. L'une des décisions les plus importantes prises par la suite a été la création d'un nouveau mécanisme de coopération, la PCMS, soutenue depuis par l'ONUDC, qui a participé à la rédaction de son cadre juridique, adopté lors du Sommet des Chefs d'Etats de N'Djaména de novembre 2015.

Le programme d'appui présenté par l'ONUDC en janvier 2017 vise à améliorer les capacités opérationnelles et les niveaux d'échange d'informations entre les membres du G5 Sahel, pour lutter contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée. Ces activités font partie du programme d'appui de l'ONUDC, lui-même dispensé dans le cadre du Programme Sahel, contribution de l'ONUDC à la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel.