La police, la gendarmerie et la douane engagées dans la lutte contre la corruption au Burkina Faso

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Conscient du rôle fondamental de la police, de la gendarmerie et de la douane face aux défis sécuritaires du Sahel, l'ONUDC soutient techniquement ces forces de défense et de sécurité. Un aspect de renforcement des capacités concerne le développement de stratégies de promotion de l'intégrité et de lutte contre la corruption au sein de ces forces.

Du 22 au 23 mars 2017, un atelier national « La police, la gendarmerie et la douane : Intégrité et lutte contre la corruption » a été organisé à Ouagadougou en coopération avec l'Autorité Supérieure de Contrôle de l'Etat et de Lutte contre le Corruption (ASCE-LC).

Cet atelier a rassemblé les cadres de la police nationale, de la gendarmerie et de la douane burkinabè. La plus ample couverture au niveau national a été assurée par la participation d'officiers provenant de postes frontaliers et de l'intérieur du pays. Ceci a permis de prendre en compte les circonstances de travail aux centres villes, comme dans les coins les plus reculés du pays. Cette vision complète garantira le développement de stratégies plus réalistes et pertinentes.

La société civile a également pris part à cette rencontre. Le Réseau National de Lutte Anti-Corruption (REN-LAC) a rappelé les résultats de ses recherches depuis 2000. Le REN-LAC a également contribué à l'encadrement et la direction des travaux aux côtés de l'ONUDC et de l'ASCE-LC.

Photo de groupe des participants à la formation
Photo de groupe des participants à la formation
A travers des sessions plénières et des groupes de travail, l'atelier a permis de dresser un état des lieux concernant (1) les défis relatifs à la corruption au sein de la police, de la gendarmerie et de la douane, (2) les efforts existants de lutte contre la corruption au sein des différentes forces de défense et de sécurité, et (3) les stratégies requises pour mieux juguler la corruption.
Photo de participants
Photo de participants

Les débats ont permis de déceler des insuffisances en termes de prévention, de contrôle interne et externe, et de répression de la corruption au sein de ces forces. S'inspirant des actions efficaces de lutte contre la corruption au sein de la police au Rwanda, parmi d'autres exemples, les participants ont réfléchi sur les grandes lignes de stratégies institutionnelles, ainsi que sur des actions immédiates qui pourraient être prises pour renforcer l'intégrité au sein de leurs institutions respectives.

A la fin de l'atelier, les participants ont adopté des conclusions finales, prévoyant des recommandations adressées aux autorités nationales en matière de prévention, contrôle interne et externe, et assistance technique.

A partir de ces discussions, un expert national développera durant les prochains mois une proposition de stratégie institutionnelle de lutte contre la corruption pour chaque organisme. Un deuxième atelier sera organisé pour la validation et l'adoption de ces stratégies assurant ainsi un processus participatif pour l'élaboration de ces stratégies.

En ligne avec la Convention des Nations Unies contre la corruption, requérant que chaque Etat Partie encourage l'intégrité, l'honnêteté et la responsabilité des agents publics, y compris la police, la gendarmerie et la douane, cette rencontre s'inscrit dans un parcours initié par l'ONUDC, dans le cadre des activités de son Programme Sahel, avec l'atelier régional sur la police et la lutte contre la corruption au Sahel organisé le 13 et 14 octobre 2015 à Niamey, Niger.

Faisant suite aux recommandations de cette rencontre, notamment l'accompagnement de l'ONUDC dans le développement et la mise en œuvre de stratégies nationales de lutte contre la corruption au sein de la police et des autres forces de sécurité nationales, l'ONUDC a commencé à mettre en œuvre ces actions au niveau national au Burkina Faso. Cette décision tient compte de l'engagement et l'intérêt manifesté par les institutions burkinabè, ainsi que du contexte national favorable avec l'adoption de deux lois sur la lutte contre la corruption en 2015. L'atelier au Burkina Faso a pu se tenir grâce à l'appui financier des Etats-Unis d'Amérique au Programme Sahel.

Pour plus de détails, veuillez consulter les conclusions finales de l'atelier de Ouagadougou (2017) ainsi que le communiqué final de Niamey (2015).